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MAURITANIE: Sensibilisées, les femmes vulnérables de Rosso se font dépister au VIH


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



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Se faire dépister au VIH à Rosso en l'absence de centre de dépistage

ROSSO, 12 juillet (PLUSNEWS) - Suite à un programme de sensibilisation des femmes vulnérables sur le VIH/SIDA à Rosso, petite ville-frontière du sud de la Mauritanie, près d’un tiers des quelque 120 femmes ayant participé à l’opération ont demandé à se faire dépister, malgré l’absence de centre de dépistage sur place.

“Parce qu’elles ont eu un doute ou parce qu’elles ont reconnu les symptômes décrits lors des séances d’information sur les infections sexuellement transmissibles et le VIH/SIDA, 30 pour cent des participantes sont allées se faire dépister pendant ou après la formation”, a dit Papa Diallo, coordinateur du projet et animateur principal.

Pourtant, il n’y a pas encore de centre de dépistage dans cette ville de 60 000 habitants, point de passage principal entre la Mauritanie et le Sénégal, qui voit transiter chaque jour un millier de personnes, selon Abdulaye Gueye, responsable de la coordination des associations de développement de Rosso.

Les seuls centres de dépistage du pays se situent à Nouakchott, la capitale, à environ 200 kilomètres au nord de Rosso, et à Kiffa, à l’intérieur du pays, à quelque 600 kilomètres à l’est de la ville-frontière.

Les femmes dépistées au VIH au cours du programme de sensibilisation ont effectué un ‘test rapide’ dans le cadre d’une consultation gynécologique à l’hôpital de Rosso.

Celles dont les résultats étaient positifs ou suscitaient un doute ont été référées à l’Unité de dépistage anonyme et gratuite de Nouakchott, ou, si leur état nécessitait un traitement, au centre de traitement ambulatoire de la capitale, ouvert en décembre 2004.

En début d’année, le Comité national de lutte contre le sida avait annoncé l’ouverture d’un centre de dépistage à Rosso et dans trois autres villes du pays à partir de février 2005, mais ces centres n’ont pas encore vu le jour.

Pourtant, d’après une enquête sentinelle réalisée en 2001 auprès de femmes enceintes en consultation prénatale, un pour cent de la population de Rosso est infecté au VIH, contre 0,6 pour cent en moyenne pour le reste du pays, des chiffres qui seraient sous-estimés, selon de nombreux acteurs de la lutte contre l’épidémie y compris des officiels.

Sur la quarantaine de femmes dépistées au VIH dans le cadre du programme de Rosso, deux étaient séropositives, a précisé Diallo.

Lancé à l’initiative de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), une organisation basée à Genève en Suisse, qui regroupe 138 églises dans le monde, le projet ‘Prévention des femmes vulnérables’ à Rosso s’est déroulé sur une période de six mois et prend fin cette semaine.

Ce programme de sensibilisation ciblait en priorité les travailleuses du sexe, selon Diallo, mais était aussi destiné plus largement à toutes les femmes que des conditions de vie difficiles ont rendues vulnérables.

Parmi elles, de nombreuses femmes seules, commerçantes ou originaires des villages alentours envoyées à Rosso par leurs familles pour travailler, a expliqué Gueye, qui a accueilli le programme dans les locaux de son collectif d’associations.

“Je n’ai jamais vu quelqu’un atteint par la maladie mais j’ai peur du sida”, a reconnu Koumba, une jeune participante, qui pense aller se faire dépister.

Comme à Nouadhibou, la ville portuaire du nord mauritanien qui affiche un taux de prévalence équivalent à celui de Rosso et ou la FLM avait initié un programme de ce type il y a près de deux ans, les séances de sensibilisation à Rosso ont attiré du monde.

Lors de la dernière réunion, une quarantaine de femmes se sont présentées pour 20 places disponibles.

Les femmes veulent des informations sur “la chaussette”

Mené en partenariat avec l’association mauritanienne SOS Pairs éducateurs et financé par le Secrétariat national exécutif de lutte contre le sida à hauteur de cinq millions d’ouguiyas (environ 15 000 dollars), le projet de la FLM s’est appuyé sur les associations locales pour identifier les femmes susceptibles de participer au programme.

Un recrutement effectué avec beaucoup de précautions, a expliqué Gueye, car dans un pays ou les questions liées à la sexualité sont encore taboues, “on ne peut pas dire aux femmes qu’il s’agit d’un programme pour femmes prostituées ou vulnérables, sinon elles ne viennent pas”.

Pourtant, la pauvreté très répandue dans cette région désertique fait que de nombreuses femmes peuvent être exposées à l’infection au VIH, sans être a priori des populations ‘à risque’, a-t-il estimé.

“Leurs besoins augmentent alors que leurs moyens diminuent”, a dit Gueye.

“Nos femmes ne se contentent pas de ce qu’elles ont, elles veulent tout ce que possède leur co-épouse ou leur voisine, et pour avoir le même portable ou les mêmes vêtements, elles peuvent être tentées [d’avoir un comportement à risque]”, a-t-il affirmé.

Les risques de propagation de l’épidémie liés à la polygamie ont aussi été évoqués lors des sessions d’informations. Un sujet qui n’a pas échappé à Koumba, qui s’est mariée récemment.

“Je n’ai pas fait de dépistage [avant le mariage] alors que mon mari a déjà une première épouse”, a dit cette jeune femme de 30 ans. “C’est une erreur et j’espère maintenant avoir les arguments pour le convaincre de se faire dépister”.

Lors des sessions d’informations organisées chaque mois dans le cadre du programme, la vingtaine de femmes sélectionnée a été sensibilisée sur les moyens de se protéger et de changer de comportement, mais aussi sur la façon d’aborder le thème du sida avec son entourage.

Parfois gênées par la présence de femmes plus âgées, certaines jeunes filles ont peu parlé, tandis que d’autres demandaient plus d’informations sur l’utilisation du préservatif, que certaines par pudeur appellent la “chaussette”.

“Je discute de préservatifs avec mes frères, j’ai vu ça à la télévision aussi mais je n’en ai jamais utilisé, je n’ai jamais eu de relations sexuelles”, a affirmé Fatou, une jolie trentenaire à la coiffure de poupée, qui, bien qu’étant l’une des travailleuses du sexe participant au programme, n’a pas voulu le reconnaître.

Lors de chaque session, les participantes ont été formées pour sensibiliser à leur tour d’autres femmes, tandis que cinq d'entre elles étaient choisies pour devenir des relais pour la distribution de préservatifs.

A l’issue des quatre jours de formation qu’a duré chaque session, toutes les femmes, par groupe de cinq, ont organisé chez elles ou dans leur quartier des séances d’information sur le VIH/SIDA pour leurs amies ou leurs connaissances, en présence d’un animateur du programme, a expliqué Diallo.

Grâce à des financements d’organisations comme la branche espagnole de Médecins du monde, des boîtes de 104 préservatifs ont été distribuées aux "femmes-relais", dont la mission est de les distribuer autour d’elles.

Une distribution de préservatifs que les responsables du programme espère pouvoir poursuivre.

En principe, il est possible de trouver des préservatifs dans les pharmacies ou les petites boutiques de la ville. Mais “le circuit n’est pas encore bien organisé et il y a souvent des ruptures de stock”, a reconnu Hamed Bilal, adjoint du directeur régional à la promotion sanitaire et sociale.

Pourtant, a estimé Bilal, “toutes les femmes ‘à risque’ [devraient] avoir des préservatifs, ce n’est pas aux hommes de se promener avec ça dans la poche de leur boubou, ça peut les mettre dans des situations embarrassantes”.




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