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MAURITANIE: La lutte contre le sida minée par les tabous, le déni et l’absence de données


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  IRIN

L’ONG locale Nedwa profite de la caravane de l'espoir pour sensibiliser les jeunes au VIH

NOUAKCHOTT, 15 février (PLUSNEWS) - Le combat contre le VIH a commencé en République islamique de Mauritanie mais les tabous, le refus de reconnaître la réalité et l’absence de statistiques fiables sur la pandémie rendent la tâche difficile aux travailleurs humanitaires.

Coumba, un foulard jaune joliment enroulé autour de la tête, sait ce qu’est le sida ; elle connaît l’envers de la pandémie et la difficulté d’obtenir de l’aide, si ce n’est de la sympathie. Cette jeune fille mince de 29 ans est pauvre, effrayée mais doit déjà vivre avec le virus.

A 29 ans, Coumba, dont ce n’est pas le vrai nom, est séropositive, tout comme son époux et leur fils de deux ans.

«On ne peut pas en parler. La stigmatisation est un problème sérieux”, dit-elle depuis l’arrière-salle du seul centre de traitement contre le sida de Nouakchott, la capitale de Mauritanie, où elle s’est réfugiée pour ne pas être entendue.

“Nous ne pouvons pas dire à qui que ce soit que nous sommes séropositifs, pas même à ma mère. Nous serions rejetés», affirme Coumba.

Il y a deux ans, Coumba a perdu sa fille de quatre ans. Elle pense qu’elle est morte du sida, même si elle n’en est pas certaine.

«Ici, les gens ne comprennent pas ce qu’est le sida. Ils ont peur d’en parler”, dit elle. “Ils s’imaginent qu’ils l’attraperont en partageant de la nourriture avec moi, en me parlant ou en m’approchant», explique-t-elle tout en dégustant au gré les traditionnelles tasses de thé fort et sucré.

Djibril Sy est le président de SOS-Pairs éducateurs, un groupe de bénévoles qui informent les jeunes Mauritaniens sur les sujets sensibles qui les concernent directement, comme le VIH/SIDA. Selon lui, leurs réticences à parler de la pandémie sont liées à leur attitude fermée vis-à-vis de la sexualité.

“Parler sexualité et sida est tabou», dit Djibril.

«En public, tous disent qu’il n’y a pas de relations sexuelles avant ou hors du mariage, mais, bien évidemment, cette pratique n’est pas respectée par tout le monde», affirme Djibril.

Selon lui, puisque la transmission du sida est associée à l’infidélité et à la promiscuité, la plupart des Mauritaniens réfutent l’idée que le sida puisse être un problème dans leur pays.

«Les Mauritaniens pensent que le sida est une maladie qui ne concerne que les autres. Il est difficile pour les gens d’admettre que le sida est aussi leur problème», continue Djibril qui a récemment animé une série de formations pour les étudiants à l’Université.

Les bénévoles de SOS-Pairs éducateurs sont aussi derrière «La Caravane de l’espoir », un camion équipé d’une sono et d’une unité vidéo qui permet de combiner musique et divertissement pour une meilleure sensibilisation au sida.

Une caravane et beaucoup de musique

Grâce à World Vision, une association caritative américaine qui a acquis la caravane, l’ONG locale Nedwa, spécialisée dans l’éducation des groupes de jeunes et des illettrés, peut effectuer des tournées à l’intérieur du pays et diffuser ses messages sur une scène en plein air.

La semaine dernière, musique et messages étaient offerts aux spectateurs d’un tournoi de football mineur au Stade Ksar de Nouakchott.

«Le sida est une maladie dangereuse», explique Khaleed. A 11 ans, il est venu avec ses amis profiter de l’aubaine. «Le sida, on le trouve ailleurs, mais pas ici», affirme-t-il en regardant d’un œil le match de football et de l’autre la présentation sur le sida.

Soya Watt est une des bénévoles de SOS-Pairs éducateurs qui animent la présentation. Elle n’est pas troublée par les paroles de Khaleed.

«Il faut du temps pour que le message passe», admet-elle.

Peu de temps après, elle est déjà sur scène, hurlant son message dans le haut-parleur géant qui trône sur l’estrade : «Dissiper les mythes ! Le sida existe en Mauritanie : parmi les écoliers aussi !», hurle-t-elle au micro.

La sensibilisation n’est pas le seul problème des associations qui s’inquiètent du manque d’informations sur la pandémie. Elles disent n'avoir aucune idée du nombre de familles ou d’individus qui luttent en silence contre le virus. Le gouvernement n’a jamais mené une étude sentinelle à l’échelle nationale pour apprécier le taux de prévalence du VIH.

En se fondant sur des tests effectués dans 13 cliniques anténatales en 2003, le programme conjoint des Nations Unies sur le sida, Onusida, a estimé que le taux de prévalence au VIH en Mauritanie serait de 0,6 pour cent. Mais selon les travailleurs humanitaires, ce taux serait bien plus élevé.

Lo Baidy, le directeur du Centre national d’hygiène (CNH) chargé de la mise en place des sites sentinelles à travers le pays, a dit à PlusNews que huit sites sentinelles devraient être opérationnels d’ici la fin du mois de mars.

«Deux sites fonctionnent déjà à Nouakchott. Nous prévoyons d’en ouvrir un autre dans la capitale et cinq à l’intérieur du pays», explique-t-il.

Les huit sites devaient ouvrir avant la fin de l’année 2004. Des difficultés administratives ont freiné l’ouverture de ceux qui seront situés à l’intérieur de ce pays désertique.

Les activistes du sida demeurent sceptiques quant à la capacité de l’Etat à conduire une étude sentinelle d’ici décembre. Mais ils espèrent qu’elle permettra, une fois finalisée, d’analyser les disparités régionales déjà perçues par le CNH.

«Les études indiquent qu’il y a un taux d’infection plus élevé dans les villes frontalières, notamment dans la ville portuaire du nord, Nouadhibou, où plus d’un pour cent des personnes testées dans une clinique anténatale étaient séropositives», affirme Biady.

Sensibiliser les populations de l’intérieur à la problématique du sida est une tâche ardue, dans un pays presque deux fois plus grand que la France, mais où les trois millions d’habitants sont éparpillés et reliés par un réseau de routes vétustes.

«Le sida est une nouvelle maladie ici et bien souvent les médecins et les infirmières ne savent pas comment le diagnostiquer, particulièrement à l’intérieur du pays», explique Abderrahmane Ould Mouhamedoune, médecin chef de la seule clinique de dépistage et de traitement du VIH soutenue par la Croix-Rouge française à Nouakchott.

Outre le dépistage, le conseil et les soins qu’il prodigue, le centre de traitement ambulatoire (CTA) forme le personnel médical mauritanien au diagnostic, afin que les patients puissent être rapidement référés et obtenir un traitement.

Coumba est l’une des 72 résidentes de Nouakchott à recevoir un traitement antirétroviral, une assistance et des conseils nutritionnels au CTA.

Son mari et elle ont été testés après avoir souffert plusieurs mois d’une maladie jusque-là inconnue. Grâce aux antirétroviraux, elle peut continuer son travail de femme de ménage et contribuer à nourrir et soigner les membres de sa famille.

«C’est notre objectif : permettre aux personnes vivant avec le VIH à travers le pays d’avoir une vie normale», affirme Ould Mouhamedoune.

«Souvent, les gens ressentent le besoin de s’isoler et d’attendre la mort, mais il n’y a aucune raison de rester à la maison dans la honte», conclue-t-il.


[FIN]




 
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