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La peur tient les jeunes loin des centres de dépistage du VIH
Lundi 25 avril 2005
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MALI: La peur tient les jeunes loin des centres de dépistage du VIH


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  UN

Au Mali, plus de 72 pour cent de la population vit avec moins d’un dollar par jour.

BAMAKO, 4 mars (PLUSNEWS) - Tous les jeunes maliens de la capitale savent où trouver un centre de dépistage volontaire et 500 francs CFA (un dollar), le prix d’un test. Pourtant, rares sont ceux qui osent franchir le pas, par manque d’information mais surtout par crainte d’être déclaré positif au VIH.

“J’hésite encore…”, a confié à PlusNews une étudiante en secrétariat de Bamako. A 22 ans, Gna n’a jamais fait de test de dépistage mais promet qu’avant de s’engager dans une relation durable, elle ira se faire tester. “Je compte le faire très bientôt”, a-t-elle assuré.

Maimouna, elle, ne s’embarrasse pas d’explications : “Je n’ai pas encore fait de test”, a éludé cette étudiante en quatrième année de médecine, sans prendre la peine de préciser si, un jour, elle osera se rendre dans un des nombreux centres de dépistage de la capitale malienne.

Le Mali s’est doté de 15 centres de conseil et de dépistage du VIH depuis 2001 et devrait parvenir rapidement à 20 centres à travers tout le pays. Il y a à peine trois ans, ce pays sahélien d’Afrique de l’Ouest ne possédait qu’un ou deux centres de dépistage, selon le représentant de l’Onusida à Bamako, Jean-Louis Ledecq.

“Le pays a énormément investi sur ces trois dernières années”, a expliqué Ledecq à PlusNews, affirmant que les campagnes de communication se sont multipliées autour de la nécessité du dépistage du VIH.

“Mais malgré ces progrès, on peut estimer que seulement dix pour cent des personnes infectées ont pu être identifiés”, a-t-il dit. “Or, si nous n’agissons pas en amont, nous risquons de constater une apparente stabilisation de l’épidémie.”

L’Eveil, le premier centre de conseil et de dépistage volontaire du Mali, est situé en plein coeur du grand marché de Bamako. Il a ouvert ses portes en décembre 2001, à l’initiative de l’organisation Population Services International (PSI), basée à Washington.

Depuis, grâce aux fonds accordés par la coopération américaine, PSI a ouvert cinq autres centres de dépistage qui offrent l’anonymat aux visiteurs et des tests bon marché, à un dollar.

Au Mali, plus de 72 pour cent de la population vit avec moins d’un dollar par jour.

En juin 2003, le réseau avait accueilli et testé 4 200 personnes, sur une population de près de 13 millions d’individus, selon PSI. Selon la dernière étude sentinelle, réalisée par les autorités en 2003 auprès de femmes enceintes, le taux de prévalence avoisinerait 3,5 pour cent au Mali, contre 1,7 pour cent en 2001.

“Malgré le prix abordable du test, qui met le dépistage à la portée de toutes les bourses, les gens hésitent encore à venir se faire dépister”, a constaté le directeur du centre l’Eveil.

Selon le sociologue malien Alassane Maiga, le peu d'engouement des populations, et notamment des jeunes urbains, pour le dépistage s'explique par le contenu des messages diffusés lors des campagnes de prévention, qui ont longtemps laissé entendre que ‘le sida tuait’.

“On a tellement compris ce message que la maladie a été diabolisée. Personne ne veut apprendre s'il est séropositif ou non, par peur de mourir”, a-t-il expliqué.

C’est effectivement ce qu’a pensé Mamadou Barry quand il a appris sa séropositivité il y a dix ans, à la suite d’un don de sang. “J’étais comme un mort-vivant sans espoir”, s’est souvenu ce père de famille de 56 ans.

Depuis, il tente de convaincre ses compatriotes de se protéger. “Je demande à ceux qui ne connaissent pas leur statut sérologique de faire attention. Il faut s'abstenir pour ne pas être contaminé”, a-t-il lancé.

Si Barry ne parle pas ouvertement de dépistage, le charismatique marabout Cheick Chérif Ousmane Madani Haïdara, à la tête du mouvement religieux Ançar Dine, ne s’en prive pas et exige de ceux qui veulent se marier la présentation préalable d’un test de dépistage.

Lui-même dit s’être fait tester en 1999, avant son mariage avec sa dernière femme – les musulmans peuvent avoir jusqu’à quatre épouses.

Selon les règles internationales observées dans les pays ouest-africains, le test de dépistage du VIH/SIDA n’est obligatoire que pour les donneurs de sang, de sperme, d’organes et de lait et il est systématiquement proposé aux femmes enceintes et avant un mariage.

“Nous avons fait le test ensemble et ce n'est qu'à l'issue des résultats que nous avons pu nous marier”, a expliqué Cheick Haidara. Le témoignage est d’importance, dans un pays où la majorité des habitants est de confession musulmane et est très attentive aux recommandations des chefs religieux.

Selon le docteur Aïssa Haïdara, qui préside l'Association des femmes médecins du Mali (Afmed), il faudrait radicalement changer de stratégie de communication si l’on veut amener les populations à se faire dépister.

“Il faut présenter le sida comme une maladie ordinaire, que tout le monde peut attraper. Comme par exemple le paludisme”, a-t-elle dit.

Selon les acteurs de la lutte contre le virus en Afrique de l’Ouest, les campagnes de communication multimédia, axées sur la prévention, ont conduit à multiplier les réticences vis-à-vis de l’épidémie.

«Les comportements à risque sont niés, les tests de dépistage sont craints et le regard vis-à-vis des personnes qui se sont faites «attrapées» est toujours aussi discriminant», a constaté un employé d’une agence de communication qui gère des programmes de prévention sur le sida en Afrique de l’Ouest.

«Depuis vingt ans, le message envoyé aux populations africaines est mauvais, voire dangereux car il renforce la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/SIDA», a-t-il dit.

Ainsi, si son père ne l’avait pas forcé à se faire tester quand il est tombé gravement malade, Mamadou Dioumba ne se serait jamais rendu dans un centre de dépistage du VIH.

“J’ai eu de la chance”, a expliqué ce jeune marchand ambulant, en montrant fièrement un bout de papier daté d’octobre dernier. “Mon père a exigé qu'on me fasse le test, qui s'est avéré négatif”, a-t-il dit, manifestement soulagé.

“Depuis que j'ai appris que je suis séronégatif, je prends mes précautions”, a dit Doumbia avec un large sourire. “Aujourd'hui, je me sens bien dans ma peau et avec mes amis.”

[FIN]


 
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