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SÉNÉGAL: En milieu rural, la bataille au quotidien des médecins contre le sida


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  Julie Vandal/IRIN

Le personnel médical de Kédougou tente de gérer la propagation du VIH/SIDA avec peu de moyens

KEDOUGOU, 19 avril (PLUSNEWS) - Sans beaucoup de moyens, le personnel du centre de santé de Kédougou tente, seul, d’organiser la lutte contre le VIH/SIDA dans ce district rural du sud-est du Sénégal, une région très prisée des chercheurs d’or d’Afrique de l’Ouest.

Des milliers d’orpailleurs, venus de la Guinée et du Mali voisins, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie ou du Sénégal, cohabitent en effet dans cette vaste région aurifère, séparée de la capitale Dakar par 750 kilomètres de route goudronnée -- et tenue à l’écart des programmes nationaux de prévention de l’épidémie de sida.

Pour se soigner, les 115 300 habitants officiellement recensés peuvent compter sur le centre médical de la ville, sur les 16 postes de santé de brousse, les deux dispensaires de la mission catholique et le petit hôpital de Ninefecha, un village situé à 40 kilomètres de là.

Mais l’habitat est dispersé, les moyens de transport y sont rares, le relief est accidenté et les pluies violentes, détaille Mamadou Cissé, responsable du poste de santé.

«Kédougou fait figure d’exception [au Sénégal] (…). La mentalité y est très conservatrice et la prévalence du sida y est beaucoup plus importante qu’ailleurs», explique-t-il.

Pourtant, malgré le danger que représente le virus pour ces populations, il a fallu attendre décembre 2005 pour qu’un centre de dépistage du VIH voit le jour en ville, au grand soulagement des médecins locaux, également habilités à prescrire des traitements antirétroviraux (ARV).

Résultat, les candidats au dépistage sont deux fois plus nombreux que prévu à se présenter au centre – soit une centaine de volontaires par mois alors que 50 personnes étaient attendues.

L’ouverture du centre a suivi le lancement d’un programme de prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant, né en avril de l’année dernière, des initiatives plutôt tardives au Sénégal, un pays qui s’est doté d’une politique de lutte contre le virus dès la fin des années 80.

L’initiative sénégalaise de prise en charge est ainsi en cours de décentralisation dans les 11 régions du pays, notamment dans les villes de Kaolack, de Ziguinchor et de Tambacounda considérées comme les plus à risque en raison de leur proximité avec des pays frontaliers beaucoup plus infectés comme la Guinée, le Mali ou la Guinée-Bissau.

L’urgence est en effet réelle. A Kédougou, neuf des 356 personnes qui se sont faites dépistées ces trois derniers mois se sont révélées positives, soit un taux d’infection de 3,6 pour cent, bien au-dessus du taux de séroprévalence national, estimé à 0,7 pour cent par la troisième Etude de démographie et de santé (EDS) publiée en 2005.

Le taux de prévalence au VIH atteindrait jusqu’à 6,25 pour cent au village d’orpailleurs de Tenkoto, à soixante kilomètres de là, selon le directeur du centre de dépistage, Bilal Fall.

La communauté à la rescousse

«Le tableau est sombre, mais c’est la réalité. Quand on n’a pas de moyens, comment voulez-vous que la lutte contre le sida soit efficace ?», s’interroge M. Cissé, avouant sans difficulté les emplois cumulés des agents de santé qui, bien souvent, quittent trop vite la région pour permettre une bonne application des programmes.

«Le peu de personnel qualifié n’est pas motivé et cherche à partir», explique le responsable du centre de santé. «La fuite est ici encore plus importante qu’ailleurs. Il faut beaucoup de foi pour rester ici : il y a une sage-femme qui vient d’arriver et qui a déjà demandé sa nouvelle affectation !»

Kédougou se situe aux confins du Sénégal


Pour tenter de ralentir la course du virus, le personnel médical du centre organise, depuis cinq ans, la formation d’une personne-relais dans chaque organisation Communautaire de base (OCB) -- généralement une femme, chargée d’assurer la distribution gratuite de préservatifs et d’organiser des causeries publiques.

Cette mesure a ainsi permis de sauver huit postes de santé en brousse, a expliqué Mamadou Cissé : ainsi, sur les 16 infirmiers en poste, la moitié sont des personnes qui bénéficient d’un contrat avec le centre de santé principal de la ville.

«S’ils n’étaient pas là, on aurait fermé ces postes depuis longtemps, ils sont trop enclavés», explique-t-il.

D’après l’Organisation mondiale de la santé, le manque de personnel médical auquel fait face l’ensemble des pays du continent africain est un obstacle majeur à la lutte contre le VIH, que la décentralisation des compétences au profit des infirmiers et des centres communautaires a toutefois permis d’amoindrir.

«L’Etat n’a pas les moyens d’avoir assez de personnel médical, alors il faut transférer notre savoir, s’appuyer sur les communautés rurales et les renforcer pour mieux lutter», constate Mamadou Cissé.

A l’instar de l’organisation non-gouvernementale locale La Lumière, qui intervient depuis de nombreuses années dans la région, il pointe du doigt le manque de ressources à sa disposition pour assurer une prise en charge complète des patients.

«On sent qu’on est seul dans cette affaire», a déploré Aly Sagne, chargé de programme au sein de l’ONG. «Notre rapport sur la vulnérabilité de la zone avait horrifié beaucoup de personnes l’année dernière, mais depuis aucune action n’a été prise par les autorités sanitaires : les gens s’intéressent à la zone pour ses ressources, les populations on s’en fiche».

Se battre contre le VIH à mains nues

Jonas Bassene s’occupe du centre de santé de Saraya, un village de l’une des dix communautés rurales du département, à environ 80 kilomètres de Kédougou. Son poste est resté vacant un an avant qu’il n’y soit affecté en février 2005.

Seul à prendre soin de plus de 6 000 habitants, cet infirmier d’Etat avoue être un peu désarmé face au VIH.

«J’ai des préservatifs que je distribue de temps en temps, mais je n’ai toujours pas eu la formation prévue pour le dépistage volontaire à proposer aux femmes dans le cadre du diagnostic prénatal», dit-il.

Jonas Bassene n’a pas non plus reçu de formation pour la prescription d’ARV, pas plus qu’il n’a de médicaments, ces derniers étant uniquement disponibles à Kédougou.

«Le patient séropositif est donc obligé de revenir une fois par semaine ou toutes les deux semaines au centre de santé de Kédougou», explique-t-il.

D’après le recensement de 2002, 86 pour cent de la population du département vivent en zone rurale, dans des villages souvent très isolés, à deux ou trois heures de vélo (le mode de transport le plus répandu) de la première route praticable.

Compte tenu des difficultés que rencontrent les populations pour se déplacer, M. Bassene dit craindre des interruptions de traitement chez ses patients, qui pourraient entraîner des résistances aux ARV proposés par le district sanitaire.

Selon le responsable de l’unité d’appui régional du Comité national de lutte contre le sida (CNLS) de Kédougou, Ibrahima Dieye, 89 personnes, dont trois enfants, recevaient des ARV fin mars dans la région. Certains patients sont pris en charge par l’hôpital de Tambacounda, à 250 kilomètres de là, tandis que d’autres reçoivent leurs ARV à Kédougou.

«Ce n’est pas une question de compétences ni de disponibilité des médicaments, mais de choix : des personnes ayant commencé leur traitement à Tambacounda ou ayant de la famille préfèrent continuer à se rendre là-bas», précise-t-il.

Certains patients font aussi le choix de l’anonymat, plus facile à respecter dans une ville telle que Tambacounda, un important centre urbain au carrefour des grandes voies commerciales qui relient le Sénégal au Mali et à la Guinée, ajoute M. Dieye.

Il admet néanmoins que de plus en plus de malades demandent à être pris en charge à Kédougou, malgré l’incapacité du district sanitaire à leur offrir un suivi psychosocial, faute de personnel qualifié.

«On arrive à s’en sortir en matière de prévention et pour le dépistage avec le centre volontaire et anonyme [de Kédougou], mais pour ce qui est de la prise en charge des malades vivant avec le VIH/SIDA, ça reste compliqué», confirme Mamadou Cissé.

Le médecin reconnaît volontiers que «le problème avec le transfert de compétences, c’est le suivi» et répète que «si on met en place des choses, il faut se donner les moyens de les poursuivre».

«La décentralisation doit être faite à ce niveau là», affirme-t-il. «C’est le défi qu’il faut relever pour que la lutte contre le VIH/SIDA soit conséquente dans le département».

[FIN]




 
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