Le dépistage pourrait être proposé systématiquement

AFRIQUE DU SUD: Le dépistage pourrait être proposé systématiquement


©  University of the Western Cape

Le gouvernement sud-africain pourrait rendre le dépistage au VIH systématiquement disponible

DURBAN, 11 août 2005 (PLUSNEWS) - Le gouvernement sud-africain envisage de rendre le dépistage au VIH systématiquement disponible dans les structures de santé publique.

Aujourd’hui, les personnes qui souhaitent connaître leur sérologie se rendent dans les établissements qui offrent conseils et dépistage volontaire. Or seuls 850 000 Sud-Africains – sur une population de quelque 45 millions – ont été testés au VIH au cours de ces quatre dernières années.

En matière de dépistage, les mentalités ont commencé à évoluer : l’année dernière, le Botswana est devenu le premier pays africain à avoir mis en place un système de dépistage systématique. Par la suite, le Malawi et le Lesotho ont suivi son exemple.

En proposant systématiquement aux patients de se faire dépister dans le cadre de leur traitement, les autorités espèrent encourager davantage de personnes à connaître leur sérologie et, à terme, atténuer la stigmatisation.

L’Onusida et l’Organisation mondiale de la santé ont mis en place une nouvelle politique de dépistage pour soutenir cette approche. Selon cette politique, les patients ont le droit de refuser le test.

Actuellement, l’Afrique du Sud n’a pas de politique de dépistage systématique et doit «envisager soigneusement les mesures à prendre», selon le docteur Nomonde Xundu, qui dirige l’unité nationale de lutte contre le VIH/SIDA.

Les responsables de la santé publique se sont réunis la semaine dernière pour débattre du bien-fondé du système de dépistage systématique.

Selon le docteur Xundu, les hôpitaux et les cliniques proposent déjà systématiquement les tests de dépistage aux patients à risque – ceux atteints de tuberculose ou d’infections sexuellement transmissibles (IST), les femmes enceintes et les travailleurs immigrés. Les autorités espèrent «tirer les leçons de l’expérience du Botswana», a-t-elle poursuivi.

Le Botswana a instauré un système de tests systématiques en 2003. A l’époque, moins de huit pour cent de la population totale du pays (1,6 millions) connaissaient leurs sérologie. Les autorités affirment aujourd’hui que le nombre des dépistages a augmenté de près de 90 pour cent, peu de patients refusant le test.

Néanmoins, le Botswana Network on Ethics, Law and HIV/AIDS (BONELA – le réseau du Botswana sur l’éthique, la loi et le VIH/SIDA) a critiqué l’attitude du gouvernement, qui n’a pas lancé de campagne pour informer la population de cette nouvelle politique. Pour l’organisation, le système de dépistage systématique n’est acceptable que si les patients sont conscients qu’ils ont le droit de refuser d’être dépistés.

Les activistes sud-africains émettent des objections similaires. Jonathan Berger, qui dirige, à Johannesbourg, l’unité juridique et d’accès au traitement du projet sur la législation du sida, il est impératif de protéger le droit de chacun à refuser de se soumettre au test.

Selon M. Berger, le dépistage systématique ne saurait être envisageable que si les patients sont informés avant de consentir au test. Ils doivent également bénéficier d’un conseil et d’un accès garanti au traitement, et leur statut doit rester confidentiel. Les autorités doivent également s’assurer que les centres de santé ne pratiquent pas de discrimination à l’encontre des patients qui refusent de se soumettre au dépistage.

Par ailleurs, une telle politique n’est pas cohérente si les autorités n’améliorent pas en même temps l’accès aux traitements antirétroviraux (ARV). «Même avec un nombre de dépistages faible, les listes d’attente sont longues pour avoir accès aux traitements», a observé M. Berger.

La nouvelle stratégie est plus efficace au Botswana, a-t-il ajouté, puisque ce pays fournit des ARV à environ 65 pour cent des personnes séropositives. En Afrique du Sud, en revanche, seuls 10 à 14 pour cent des patients qui ont besoin de ces traitements en bénéficient.

Thaddeus Metz, professeur associé du département de philosophie de l’université du Witwatersrand, à Johannesbourg, a observé que le dépistage systématique permettrait de trouver un juste milieu entre les droits des patients et la lutte contre l’épidémie.

Instaurer une telle politique permettrait de «sauver des vies» : les personnes qui connaissent leur statut VIH sont en effet en mesure de réduire les taux de transmission, de s’informer et de bénéficier de services pour rester en bonne santé, a-t-il expliqué.

Mais ce système exige que le personnel médical informe et conseille les patients sur le dépistage. Dès lors, la question reste la même : le système de santé sud-africain, déjà surchargé et handicapé par un manque de personnel, pourra-t-il suivre ?

Le docteur Xundu l’a admis : si un tel système est mis en place, une «vaste campagne» devra être lancée pour «informer et former» à la fois le personnel médical et la population.

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