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MALI: Modibo Kané, un combat pour la vie


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  IRIN

Modibo Kané préside le Réseau africain des personnes vivant avec le VIH/SIDA, le Rap+

LOME, 30 septembre (PLUSNEWS) - Quand Modibo Kané s’est engagé dans la lutte contre le VIH/SIDA, en 1992, il était loin d’imaginer que l’ennemi qu’il s’apprêtait à combattre allait changer le cours de sa vie.

Cinq ans après, sa femme mourait des suites du sida, laissant un petit garçon de 10 ans, Seydou, et un père effondré.

En 1999, il recevait ses premiers médicaments antirétroviraux, qui prolongent l’espérance de vie des personnes vivant avec le virus.

Peu de temps auparavant, le couple s’était fait dépister au VIH/SIDA, alerté par les infections à répétition. Le résultat avait laissé M. Kané pantois : comment, lui, sensibilisé aux modes de contamination du VIH, s’était-il laissé infecter ?

“On pense toujours que le sida, c’est pour les autres”, a-t-il commenté. Mais “dès que je me suis su infecté, je me suis senti encore plus concerné”.

Avant d’entrer au comité sectoriel de lutte contre le sida du ministère malien de la Santé, Modibo Kané était professeur de français dans un lycée de Bamako, la capitale du Mali.

Il y avait créé, il y a quelques années, un ‘club anti-sida’ qu’il présidait.

“On sensibilisait les élèves au VIH/SIDA, pour qu’ils aillent se ravitailler en préservatifs auprès du programme national de lutte contre le sida”, a confié cet homme de 52 ans dans un français parfait, manié avec calme et aisance.

“Ce n’est donc pas parce que j’étais infecté que je suis entré dans la lutte, j’étais déjà dans la lutte avant de me savoir infecté. Connaître mon statut sérologique n’a fait que renforcer ma détermination”, a expliqué M. Kané.

Depuis, le professeur cumule les responsabilités. Détaché de l’éducation nationale, il préside depuis 2002 le Réseau africain des personnes vivant avec le VIH/SIDA, le Rap+, ainsi que ses branches malienne et ouest-africaine, le Rap+AO.

Créé en 1993, le Rap+ a pour mission d’améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le virus : plus de 100 000 personnes, habitant dans une trentaine de pays africains, en sont membres.

Pour assurer sa mission, le Rap+ a mis sur pied des réseaux sous-régionaux dont le Rap+AO, qui couvre les 15 pays de la Communauté économique d’Afrique de l’ouest et la Mauritanie. Aujourd’hui, le Rap+ AO rassemble neuf réseaux nationaux au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Nigeria, au Sénégal, au Togo, au Ghana, au Niger, au Mali et au Bénin.

C’est au Togo que PlusNews l’a rencontré, alors qu’il assistait à un atelier de renforcement des capacités des membres du réseau organisé par AWARE-HIV/AIDS pour Action For West Africa Region, un projet régional soutenu par la coopération américaine.

“Il est important que les personnes vivant avec le VIH soient impliquées dans la prise de décision, cela permet que les mesures décidées le soit en fonction de leurs besoins”, a expliqué M. Kané. “Il faut une synergie entre les personnes infectées et les hommes politiques, les résultats n’en seront que meilleurs.”

Un entourage aimant et compréhensif

Modibo Kané a lui-même bénéficié de cette écoute et du dialogue qui s’est immédiatement instauré entre lui et son entourage, aussi bien familial que professionnel.

“Mes relations avec mes collègues n’ont jamais changé, du moins pas négativement”, a-t-il commenté.

Le directeur de l’école où il enseignait a été immédiatement informé du statut sérologique de M. Kané, qui craignait que de probables ennuis de santé ne l’empêche de faire correctement son métier, qu’il pratiquait depuis 1978.

“Mon directeur a été très compatissant, il avait aussi reçu la même formation que moi dans le cadre de la lutte contre le VIH au Mali”, a-t-il expliqué.

Sa charge de travail est alors réduite et les autres enseignants acceptent de lui laisser ses après-midi libres afin qu’il puisse continuer ses activités militantes.

“J’ai ainsi pu sensibiliser mes propres élèves et je les ai informés de mon statut, pour les amener à se prémunir de l’infection au VIH”, a raconté M. Kané, qui a ajouté n’avoir jamais été raillé ou montré du doigt, que ce soit par ses élèves ou par ses collègues.

Sa famille s’est montrée tout aussi exemplaire, a-t-il ajouté.

“Dans le cadre familial, ça n’a fait que renforcer les liens, le soutien et l’estime que mes parents ont pour moi”, a expliqué l’activiste.

Chaque mois, M. Kané fait une apparition à la télévision malienne, une piqûre de rappel pour les habitants de ce pays sahélien pauvre, où trois pour cent de femmes enceintes sont séropositives, selon les données officielles.

Selon le programme commun des Nations Unies sur le sida, Onusida, seulement 10 pour cent des personnes infectées par le virus ont pu être identifiés au Mali, qui affichait en 2001 un taux moyen de prévalence de 1,7 pour cent.

La famille de M. Kané le considère aujourd’hui “presque comme un héros”, a-t-il confié à PlusNews. “Je suis considéré comme celui qui a vendu son sang pour que les autres soient sauvés.”

Pour ce croyant, musulman comme la très grande majorité de ses compatriotes, l’infection à VIH ne doit pas être un prétexte pour discriminer ou exclure.

C’est ainsi qu’un an après la mort de sa première femme, en 1998, il accueille une seconde épouse, séropositive comme lui.

“Ma religion ne me permet pas de rester célibataire, surtout avec un orphelin auquel il faut donner une éducation correcte et un cadre de vie familial”, a-t-il expliqué.

De cette union naîtra Sanata, qu’il considère comme “l’enfant du défi”.

“Avec l’aide de Dieu, des amis et grâce aux progrès de la science, nous avons pu avoir un enfant, une fille qui a aujourd’hui six ans et qui est séronégative”, a raconté fièrement un père manifestement comblé.

Il a ajouté que la naissance de Sanata était aussi destinée à prouver à l’opinion publique “que les personnes séropositives pouvaient avoir un enfant”.

Quant à Seydou, son fils, il a aujourd’hui 18 ans et suit des cours à l’université de Bamako. “Il voudrait devenir interprète”, a expliqué M. Kané dans un grand sourire.

Et la famille s’agrandit : Awa, sa troisième femme, travaille au PNLS à Bamako. Elle ne connaît pas son statut sérologique, mais il estime que la décision de se faire dépister devait venir d’elle, sans pression de sa part à lui.

“Je ne suis pas prêt à user de mon statut de mari pour l’obliger à faire le test de dépistage”, a-t-il expliqué. “C’est le genre de décision qu’il faut prendre soi-même et assumer.”

“Mais compte tenu de mon statut, a-t-il ajouté, j’ai des rapports protégés avec elle. Le sida ne doit pas passer par moi.”


[FIN]




 
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