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Mardi 1 novembre 2005
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SÉNÉGAL: L’Islam peut exiger le port du préservatif -- imam


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  IRIN

L'Islam admet que les fidèles utilisent les préservatifs pour protéger leur couple du VIH/SIDA

DAKAR, 16 août (PLUSNEWS) - L’un des responsables musulmans du Sénégal, l’imam Elhadji Ousmane Gueye, est catégorique : les couples mariés doivent utiliser les préservatifs quand l’un des conjoints souffre d’une infection sexuellement transmissible.

«Il est obligatoire dans un couple que l’un des conjoints porte le préservatif s’il a une infection qu’il peut transmettre», a dit l’imam Gueye lors d’un entretien accordé en fin de semaine dernière à PlusNews.

«Si un musulman (ou une musulmane) contamine son conjoint volontairement, il a péché», a précisé l’imam alors qu’il se trouvait à Bambey, à une centaine de kilomètres à l’est de Dakar, la capitale, pour l’inauguration d’un centre de dépistage du VIH/SIDA.

Le responsable musulman, qui dirige une zaouia, un centre spirituel soufi, à Bargney, une ville de la grande banlieue de Dakar, préside le réseau national Islam sida santé, créé en 2002 à Nouakchott, en Mauritanie, en même temps que le réseau régional, qui rassemble les responsables religieux de 11 pays d’Afrique de l’ouest.

Ces réseaux sensibilisent les fidèles aux modes de transmission et de prévention du VIH/SIDA et expliquent le point de vue de l’Islam sur la pandémie et ses implications en matière de santé de la reproduction, selon l’imam Gueye qui anime, chaque jeudi, une émission télévisée intitulée «Lettres mulmanes».

En moins de deux ans, les imams ont animé plus de 70 conférences publiques et discussions, à Dakar comme dans chacune des 11 régions du Sénégal, représentées dans le réseau par un «imam Ratib», un titre donné à celui qui dirige la plus grande mosquée.

Le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS) finance ces rencontres, selon l’imam Gueye, qui a affirmé avoir le soutien des autorités depuis 1986, dans un pays à forte majorité musulmane.

«Pour combattre la stigmatisation, nous avons adopté les personnes vivant avec le VIH/SIDA comme nos fils et nos filles», a dit l’imam Gueye, précisant qu’à chaque réunion, des représentants des personnes séropositives viennent témoigner. «Il ne faut jamais marginaliser quelqu’un parce qu’il est malade».

En Afrique de l’Ouest, la politique de lutte contre le VIH/SIDA mise en place par le Sénégal fait figure d’exemple. L’épidémie a été prise au sérieux dès les premiers cas d’infection détectés, à la fin des années 80, et désormais les personnes vivant avec le virus bénéficient de médicaments antirétroviraux (ARV) gratuits.

Mais, le taux de prévalence étant relativement bas par rapport aux pays voisins (autour d’un pour cent en 2005), la stigmatisation et la discrimination des personnes infectées est très forte et nombreux sont ceux qui se réfugient derrière la religion pour évoquer «les mauvais comportements» de ceux qui vivent avec le VIH.

Ainsi, selon la rumeur populaire, le mot arabe «zina», qui signifie «adultère», a la même sonorité que «sida», «ce qui signifie que ceux qui commettent l’adultère auront le sida», a expliqué l’un de animateurs de la cérémonie de Bambey.

L’imam Gueye n’est pas d’accord avec cette explication. «Tous ceux qui font le lien entre adultère et sida n’ont rien compris», a-t-il déploré.

«Quelqu’un qui mène une vie d’adultère et qui se protège à chaque fois n’aura pas le sida. Et pourtant il aura péché», a-t-il ajouté.

Choisir ses mots, imposer des règles

L’imam a reconnu qu’il n’était pas aisé de parler de sexualité et de vie à deux sans heurter les fidèles. En 1986, a-t-il expliqué, une première rencontre nationale des imams et des oulémas (des professeurs d’enseignement coranique) avait déjà pour ordre du jour le «choix des termes à utiliser».

«Nous évitons d’utiliser des termes tels que "adultère" ou "fornication"», a expliqué l’imam Gueye, car «les personnes qui s’adonnent à ces pratiques risquent de ne pas écouter notre message».

«A la place du mot "adultère", nous préférons utiliser les mots "relations sexuelles" parce que c’est de cela qu’il s’agit, en fait», a-t-il précisé. «C’est d’ailleurs les personnes mariées qui ont des relations sexuelles et si elles ne se protègent pas, elles peuvent s’infecter ou infecter leur conjoint», a ajouté l’imam.

Fort de ce constat, le réseau Islam sida santé promeut des règles à ne pas transgresser.

«La femme doit protéger son époux si elle est infectée», a dit l’imam Gueye, expliquant que le préservatif s’imposait dans le couple dès lors qu’une infection sexuellement transmissible (IST) avait été diagnostiquée. Mais «le préservatif du célibataire, c’est l’abstinence».

Un jour, a raconté l’imam, «une femme est venue me voir pour me dire que son mari, qui travaillait à l’étranger, était rentré au pays avec le VIH. Mais il refusait le préservatif, parce que c’était contraire à l’Islam».

«Je lui ai demandé de refuser systématiquement d’avoir des relations sexuelles avec son époux sans préservatif», a commenté l’imam, ajoutant : «Voilà un homme qui croit qu’avec le préservatif, il n’aura pas de plaisir !»

Selon l’imam Gueye, sur cinq personnes qui lui posent des questions relatives à la sexualité et au sida, trois sont des jeunes filles. Elles viennent jusqu’au siège du réseau, à l’Institut islamique de Dakar, où des brochures et des dépliants sont mis à leur disposition.

Et quand elles l’interrogent sur le préservatif comme un moyen de contraception – il est en cela rejeté par les fidèles – il leur répond qu’il est «plus important de protéger son conjoint que de procréer en donnant à son conjoint et à son futur enfant une maladie qui ne guérit pas».

«En Islam, entretenir une paix qui donnera naissance à un malheur est un péché», a-t-il expliqué.

Il leur apprend aussi qu’en cas de contamination au VIH, les fidèles doivent compatir avec la personne infectée, et non pas la rejeter. «Le prophète nous a dit que "toute personne qui assiste un malade a sa maison au paradis". Tout musulman qui marginalise un malade a péché».

Les conseils de l’imam Gueye et des autres responsables religieux sont très appréciés par la communauté musulmane. «Mon portable ne cesse de sonner et quand je marche dans la rue, les gens m’interpellent pour que je réponde à leurs questions.»

Hors de la capitale, les imams font du porte à porte pour sensibiliser les populations au VIH/SIDA, selon l’imam Gueye, qui s’est félicité de l’intérêt que leur porte désormais le chef de la plus importante des confréries soufies du Sénégal, Cheikh Salihou Mbacke.

Interrogé par PlusNews en avril, l’un des responsables du district sanitaire de la ville sainte de Touba, à 180 kilomètres au nord-est de Dakar, avait admis qu’au moins 20 pour cent des personnes dépistées au VIH chaque mois dans les centres de santé de la ville étaient séropositives.

Touba ne possède pas de centre de dépistage volontaire et anonyme et le premier hôpital de référence est à Diourbel, à 55 kilomètres de Touba. Selon une étude, publiée la semaine dernière, le quart des patients, des personnes déjà atteintes d’infections et référées pour un dépistage au VIH/SIDA, serait séropositif.

Selon Maserigne Ndiaye, médecin chef de l'hôpital régional de Diourbel, 143 personnes de la région ont été dépistées positives au VIH, sur les 549 personnes qui ont fait le test entre janvier et juin dernier. Deux fois plus de femmes que d’hommes seraient infectées selon le docteur Ndiaye.

Pour le personnel médical, tous les facteurs sont réunis à Touba pour alimenter l’épidémie de VIH/SIDA : une société patriarcale où les femmes sont dominées et analphabètes, une population masculine extrêmement mobile, une pression religieuse forte et une stigmatisation systématique des personnes qui vivent avec le VIH.

«Dans des cas comme Touba, il faut gérer la sensibilité des disciples», a analysé l’imam Gueye. «Mais c’est le guide religieux de Touba, Cheikh Salihou Mbacké, qui nous a accordé le feu vert pour parler aux populations des dangers du sida», a t-il ajouté.

L’imam Gueye sait que le combat est loin d’être gagné mais, a-t-il affirmé, «nous n’allons pas croiser les bras parce que, ce que nous voulons, c’est un taux de prévalence de zéro pour cent».

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