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CAMEROUN: Une offre de soins contre le sida incapable de répondre à la demande -- médecins


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  UNDP

A Yaoundé, la capitale du Cameroun, des centaines de personnes vivant avec le VIH/SIDA ont voulu profiter de la baisse du prix des traitements

DAKAR, 18 mai (PLUSNEWS) - Suite à la réduction du prix des médicaments antirétroviraux (ARV), les services de santé se trouvent aujourd’hui dans l’incapacité de gérer la hausse de la demande de soins, peu formés à la prise en charge des personnes vivant avec le VIH et à l’apparition de résistances aux traitements, selon des médecins.

«Beaucoup plus de personnel soignant doit être formé pour la prise en charge des personnes séropositives», a dit le docteur Wilfried Akame, le coordinateur du centre de traitement agrée de Limbé, dans le sud-ouest du Cameroun.

«Les agents de santé n'ont pas la formation appropriée pour savoir quand mettre une personne sous ARV ou quand changer de traitement», a déploré le docteur Akame, qui assistait à une formation sur le VIH/SIDA organisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la capitale sénégalaise.

Le Cameroun a décidé en octobre dernier de baisser de manière significative le prix des ARV, qui est ainsi passé de 36 dollars à huit dollars par mois grâce à un financement de 14 millions de dollars du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Selon des médecins à Yaoundé, la capitale du Cameroun, des centaines de personnes vivant avec le VIH/SIDA ont souhaité profiter de cette baisse du prix des traitements, se précipitant pour la première fois vers des structures médicales agréées, ou y retournant après l’abandon de précédents traitements.

«Cette baisse du prix des ARV a beaucoup affecté le travail des agents de santé, qui sont aujourd'hui débordés par le nombre sans cesse grandissant de personnes qui veulent recevoir un traitement», a dit Akame.

La structure qu’il coordonne dans le sud-ouest du pays, à Limbé, offre depuis 2001 des conseils, un dépistage et des traitements aux personnes qui vivent avec le VIH/SIDA. Depuis octobre, le centre prend en charge 2 500 personnes, placées sous ARV ou soignées pour des infections opportunistes.

En 2001, seules 520 personnes étaient suivies par les médecins du centre. Un an après, 800 patients étaient placés sous ARV. Ils étaient un millier en 2003.

Selon une étude publiée par le ministère camerounais de la Santé en octobre dernier, 5,5 pour cent de la population adulte sont infectés par le virus du VIH, contre une précédente estimation de 11,8 pour cent.

Selon Akame, ce flux entrant est constitué de nouveaux patients mais aussi du retour d’anciens patients qui avaient décidé d'arrêter leur traitement faute de moyens financiers pour acheter les ARV.

Gérer les résistances après l’abandon du traitement ou une mauvaise prescription

Aujourd’hui, le docteur Akame souhaite se focaliser sur la gestion des cas résistants au traitement, des patients que les services publics qui prescrivent les traitements ont du mal à prendre en charge.

«L’offre de traitement antirétroviral est très complexe et plusieurs services butent sur les cas de résistance aux ARV», a dit Akame.

Selon le docteur Flavien Dogo, chargé de l’encadrement des personnes infectées dans le cadre d’un projet de la coopération allemande à Yaoundé, le système sanitaire n’est pas encore prêt à prendre en charge le flux croissant de patients et de nombreuses résistances apparaissent par manque d’information du personnel soignant comme des personnes séropositives.

«A Yaoundé, nous avons déjà noté un taux de résistance aux ARV de 18 pour cent depuis le début de ce programme», a dit Dogo à PlusNews par téléphone depuis la capitale camerounaise.

Des souches de virus résistantes aux ARV peuvent apparaître lorsque le patient arrête de prendre son traitement pour diverses raisons comme le coût des médicaments, leurs effets secondaires ou une amélioration de son état de santé général. Elles peuvent aussi subvenir lorsque le choix de l’association des trois molécules n’est pas adaptée au profil du patient.

Or, selon Flavien Dogo, seuls les centres agréés offrent des services de prise en charge appropriés pour les personnes vivant avec le sida.

“Après l’explosion du nombre de personnes voulant se mettre sous ARV, ces centres sont maintenant en nombre insuffisant», a-t-il dit. «La formation du personnel soignant est nécessaire pour une meilleure prise en charge de toutes ces personnes attirées par la baisse des prix. Elle a été envisagée et se fait peut-être graduellement», a ajouté Dogo, sans donner plus de détails.

Pour le docteur Akame il est également nécessaire de décentraliser l’offre, afin de rapprocher ces services de santé des populations vulnérables.

Au Cameroun, 23 centres de santé, dans les 10 provinces que compte le pays, ont été agréés par l’Etat pour prescrire des ARV aux personnes qui en ont besoin. Tous sont dans les chefs-lieux de province ou à Yaoundé.

Mais selon le docteur Dogo, c’est loin d’être suffisant.

«Beaucoup de patients en zone rurale n'ont aucun accès au traitement ARV. Nous attendons encore l'ouverture d’unité de prise en charge dans tous les districts sanitaires», a-t-il dit.

Sans examens biologiques, difficile d’évaluer l’efficacité du traitement

Outre l'ouverture de 18 sites, les autorités camerounaises prévoient la mise en place de 12 laboratoires à travers le pays pour accueillir les personnes sous traitement et accroître le nombre de dépistages.

Les examens biologiques réalisés en laboratoire permettent de déterminer si le patient a besoin d’un traitement ARV et de surveiller la réponse de l’organisme au traitement, via la numération des lymphocytes CD4 et le niveau de la charge virale.

Les experts en maladies infectieuses estiment que si la charge virale ne diminue pas de 90 pour cent après quatre semaines de traitement, cela suggère que le patient le suit mal, que l’absorption intestinale est insuffisante ou que le virus est résistant au médicament.

Selon eux, la charge virale et les lymphocytes CD4 doivent être habituellement mesurés toutes les huit à 12 semaines.

Or, le coût des examens biologiques est resté extrêmement élevé pour les populations à faible revenu qui doivent dépenser un minimum de 87 dollars pour accéder aux médicaments – 51 pour cent des Camerounais vivent avec moins de deux dollars par jour.

Le docteur Valère Mve Koh, gynéco-obstétricien et responsable du comité de lutte contre le sida au centre hospitalier universitaire (CHU) de Yaoundé, avait confié ses inquiétudes en janvier dernier à PlusNews.

“Baisser le prix des ARV ne suffit pas”, avait-il dit. «Il est possible que certaines personnes décèdent avant d’avoir été mises sous traitement. La prochaine étape est de rendre les examens biologiques accessibles».

Depuis octobre 2004, les ARV sont néanmoins gratuits pour les enfants de moins de 15 ans ainsi que pour les personnes souffrant de tuberculose, la première infection opportuniste chez les malades du sida.

«Que tout le monde puisse suivre le traitement de manière continue est le défi que nous devons relever», a estimé Akame pour qui l’adhésion des patients au traitement est une des clés du succès de la thérapeutique.

Selon lui, les patients qui se rendent au centre de Limbé sont psychologiquement préparés au suivi du traitement. «Nous essayons de savoir s’ils sont capables de cesser de le suivre et pour quelles raisons.»

Grâce à cette offre de qualité, a assuré Akame, «nous parvenons à faire comprendre aux patients qu’ils doivent s'impliquer davantage dans la recherche de solutions afin de venir à bout de tous les obstacles qui pourraient les empêcher de continuer leur traitement. Nous les aidons à surmonter ces difficultés.»

Pour Akame, il est donc essentiel que les soins ne soient pas complètement gratuits afin que les personnes vivant avec le virus s’impliquent dans la gestion de leur santé.

«La gratuité peut engendrer une négligence dans la prise des médicaments et influer ainsi sur la qualité des soins», a-t-il expliqué. «Avec une contribution minimale, les patients seront persuadés d'avoir participé à leur propre thérapie. Psychologiquement, c'est très important», a estimé le docteur Akame.

A ce jour, seules 9 000 personnes suivent un traitement ARV au Cameroun, a dit Akame, estimant qu’il fallait multiplier ce chiffre par «neuf ou dix pour avoir le nombre de ceux qui devraient en bénéficier».

Selon le Fonds mondial, 36 115 personnes, dont 921 enfants, devraient être mises sous traitement et bénéficier d'analyses bon marché avant 2006. Mais pour Flavien Dogo, l’objectif de 14 000 personnes sous ARV est plus raisonnable.

«Si les infrastructures et les formations suivent, l'objectif de 14 000 personnes sous ARV avant la fin 2006 peut être atteint», a-t-il estimé.

[FIN]




 
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