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Mercredi 21 décembre 2005
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ZIMBABWE: Les déplacés vivant avec le sida ont difficilement accès aux traitements


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  Zimbabwe Lawyers for Human Rights

Environ 200 personnes en phase terminale ont été jetées hors de chez eux par la campagne de ‘nettoyage’

BULAWAYO, 11 octobre (PLUSNEWS) - Après la très controversée opération de ‘nettoyage’ qui a jeté 70 000 Zimbabwéens dans les rues, les personnes déplacées vivant avec le VIH/SIDA n’ont plus accès aux traitements antirétroviraux.

Chip Maphosa, une mère célibataire de trois enfants, faisait partie des milliers de personnes affectées par cette campagne baptisée “Opération retour à l’ordre”. Pendant deux semaines, sa famille a dormi à la belle étoile, après la destruction de la cabane qu’elle louait dans le bidonville de Makokoba, dans la ville de Bulawayo, au sud du pays.

Maphosa a actuellement trouvé un abris temporaire pour sa famille à l’Armée du salut de Makokoba. Pliée en deux par une quinte de toux, et reniflant régulièrement, elle a déclaré à PlusNews que sa “santé va de mal en pis… cette toux n’est pas bonne».

La campagne de ‘nettoyage’ a interrompu son traitement antirétroviral (ARV).

Le Zimbabwe possède l’un des taux de prévalence au VIH/SIDA les plus élevés au monde, avec 25 pour cent de ses 11,5 millions d’habitants touchés par la pandémie. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance, l’Unicef, affirme qu’un enfant y meurt du sida chaque 15 minutes.

Selon le Programme commun des Nations unies pour le VIH/SIDA (Onusida), au moins 180 000 Zimbabwéens sont morts d’infections opportunistes en 2004, alors qu’en 2005 une moyenne de 3 500 personnes succombaient chaque semaine à la maladie.
Plus de 1,5 million d’enfants ont perdu un ou leurs deux parents à cause de l’épidémie de VIH/SIDA, selon les Nations unies.

Un sondage du Conseil sur le sida du Matabeleland (MAC), un organisme basé à Bulawayo, a montré qu’environ 200 personnes en phase terminale avaient été déplacées par la campagne de ‘nettoyage’ et que la plupart avait désespérément besoin de nourriture, d’habits et de médicaments.

L’enquête a également révélé qu’il était aussi difficile pour le personnel médical spécialisé dans les soins aux personnes infectées de retrouver celles qui avaient été délocalisées et qui, souvent, étaient incapables de suivre leurs traitements.

Hlengiwe Ngwenya a également trouvé un abri dans une structure de l’Armée du salut. C’est en pleurant qu’elle s’est remémorée ce jour de juin où la police a fait une descente à Killamey, un camp de squatters au sud de Bulawayo, et a détruit sa cabane et tout ce qui s’y trouvait, y compris son dossier médical.
«Je dois tout recommencer à zéro. Je recevais des ARV mais mon programme a été interrompu», a-t-elle expliqué.

Methuseli Ndlovu a perdu sa femme peu de temps après qu’ils aient été déplacés d’une zone urbaine vers leur domicile rural, à 90 km au nord de Bulawayo. “Elle avait besoin de soins médicaux urgents, mais la clinique de mon village a dû fermer en raison d’une pénurie de médicaments”, a-t-il expliqué à PlusNews.

Dans le rapport qui a suivi sa visite au Zimbabwe, Rod Macleod, le directeur de l’Institut catholique pour les relations internationales, basé à Londres, a raconté comment une femme, seule avec quatre enfants après la mort de son mari des suites du sida, avait eu 24 heures pour détruire sa propre maison. Ils avaient dû passer l’hiver dans la rue.

Les infirmières des cliniques de Bulawayo ont déclaré que les patients qui recevaient des traitements pour la tuberculose (TB), l’une des infections opportunistes associées au VIH/SIDA, avaient disparu.

«Nous avons essayé d’assurer un suivi dans leurs foyers, mais on nous a dit qu’ils n’habitaient plus ici après que leurs maisons aient été détruites», a déclaré une infirmière en chef de l’hôpital central de Bulawayo, spécialisé dans les longs traitements contre la tuberculose. «La plupart d’entre eux sont infectés par une TB pulmonaire et ils la disséminent».

Les aide-soignants à domicile ne sont plus en mesure de soigner les malades et les agents de santé affirment que les initiatives communautaires de lutte contre le sida se sont effondrées lorsque leurs membres ont été dispersés.

Or, les personnes déplacées, qui ne sont plus conseillées et qui ne peuvent plus se nourrir correctement, peuvent difficilement maintenir un mode de vie sain, indispensable pour prolonger leur espérance de vie.

Selon les responsables religieux, plus de 20 000 personnes déplacées ont été logées dans des structures ecclésiastiques à travers Bulawayo, en attendant d’être orientées vers un camp de transit dans la ferme Helensvale, à 20 km au nord ouest de la ville.

Le pasteur Albert Tatenda, membre d’un groupe de 200 cléricaux impliqués dans des pourparlers avec le gouvernement au sujet du sort des personnes déplacées, a déclaré que les camps de transit devaient être améliorés afin d’empêcher la propagation de maladies contagieuses.

«Il reste encore beaucoup à faire, comme mettre en place des tentes et nettoyer le terrain. Nous avons clairement indiqué au gouvernement que cela devait être fait avant que les gens n’y emménagent”, a souligné le pasteur Tatenda.

Selon le gouvernement, les personnes expulsées doivent être relogées dans des maisons grâce à un programme de 300 millions de dollars américains surnommée opération Garikai/ Hlalani Kuhle (Opération vivons bien), déjà en cours.

Le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme vient d’accorder 105 millions de dollars à l’Etat zimbabwéen pour qu’il renforce son système de santé, 75 millions de dollars étant spécifiquement alloués à la lutte contre le sida et la TB.

Cependant, des observateurs doutent de la capacité de l’Etat à loger toutes les personnes déplacées, certaines étant déjà en attente de logement depuis plus de 10 ans. Certains ont souligné que le programme de relogement avançait très lentement tandis que d’autres ont affirmé que cela n’allait profiter qu’aux partisans du parti ZANU-PF au pouvoir.

Néanmoins, des personnes comme Maphosa ont hâte d’être relogées, spécialement si son nouveau foyer se situe près de Bulawayo, car, affirme t-elle, “j’ai besoin d’avoir accès à un centre de santé spécialisé pour des cachets et des bilans de santé”.

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