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NIGERIA: Sortir de l’ombre pour tenter de vaincre le sida et le rejet -- MSM


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  IRIN

La communauté homosexuelle du Nigeria doit trouver le courage de sortir de l’anonymat

ABUJA, 7 octobre (PLUSNEWS) - La communauté homosexuelle du Nigeria doit trouver le courage de sortir de l’anonymat pour limiter la propagation du VIH qui décime ses rangs, a estimé le responsable d’un réseau d’activistes du nord du pays.

«La situation du VIH/SIDA est très grave dans la communauté homosexuelle et elle nécessite une réponse urgente», a dit à PlusNews Davis Mac-Iyalla.

Correspondant pour le nord du Nigeria de l’organisation ARN (Alliance Rights Nigeria), créée en 1999 pour défendre les droits des homosexuels, M. Mac-Iyalla est également responsable du réseau international Changing Attitude Network, lancé au Nigeria début septembre.

A 33 ans, ce jeune homme qui dit avoir pris conscience de ses préférences sexuelles à l’âge de 16 ans a longuement réfléchi avant de se décider à parler ouvertement de son orientation sexuelle, dans un pays où les homosexuels sont largement rejetés par la société et régulièrement victimes de violences.

«Mais comment peut-on espérer un changement si l’on ne prend pas de risques ?», a fini par trancher M. Mac-Iyalla, qui a perdu son emploi d’enseignant l’année dernière, le directeur de l’école lui ayant expliqué «qu’un homosexuel ne peut pas s’occuper d’enfants».

L’homosexualité est considérée comme un crime par la loi fédérale du Nigeria. L’acte de sodomie est puni d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans d’emprisonnement tandis que dans le nord du pays, où 12 Etats appliquent la Shari’ah, la loi islamique, les homosexuels sont passibles de la peine de mort par lapidation.

Un jugement en cours à Katsina, dans l’extrême nord du pays, a d’ailleurs mobilisé la communauté internationale ces dernières semaines. Deux hommes âgés de 18 et 40 ans risquent la mort, accusés d’avoir eu des «relations sexuelles contre nature» dans des toilettes publiques. Le jugement a pour l’instant été reporté, faute de témoignages suffisants.

En 2003, au moment de la décision très controversée de l’Eglise anglicane aux Etats-Unis de consacrer un évêque homosexuel, le président nigérian Olusegun Obasanjo avait qualifié l’homosexualité de «perversion de l’ordre divin, négation de la nature, de la Bible et de l’Afrique».

Des messages de sensibilisation ‘hétérosexuels’

Face à ce rejet, «beaucoup d’hommes homosexuels ont une ‘couverture’, ils sont mariés parce qu’ils veulent être acceptés, et ils vivent leur homosexualité dans l’ombre», a déploré M. Mac-Iyalla.

Cette attitude, associée à un certain nombre d’idées fausses sur les modes de transmission du virus, a favorisé la propagation de l’épidémie, a-t-il estimé.

Des activistes, notamment ceux de l’ARN, ont regretté à plusieurs reprises «le caractère hétérosexuel des messages de prévention du VIH», qui, dans un pays où plus d’un tiers de la population est illettrée, a semé la confusion dans les rangs de la communauté homosexuelle.

Ces messages ont laissé penser à certains homosexuels que le virus ne se transmet que lors de relations sexuelles entre un homme et une femme, a expliqué M. Mac-Iyalla, pour qui une partie de la population «n’a pas de connaissances de base» en matière de santé et de sexualité.

«Le fait de négliger les MSM [Men having sex with men, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes] a clairement contribué à augmenter la propagation du VIH/SIDA», a-t-il dit, affirmant que «le message du dépistage et de la prévention [n’était] pas encore passé chez les MSM».

Quelque quatre millions de personnes vivent avec le virus au Nigeria, selon les Nations unies, ce qui en fait le troisième pays au monde le plus lourdement touché par la pandémie, après l’Inde et l’Afrique du Sud.

Malgré cela, le pays ne s’est pas encore doté d’un programme de lutte contre le sida destiné aux populations dites vulnérables, parmi lesquelles la communauté des MSM.

«On ne veut pas entendre parler de nous»

«C’est vrai que [la communauté homosexuelle] a été négligée pendant très longtemps», a reconnu un responsable du Saca, la branche du Naca, le Comité national de lutte contre le sida, au niveau de l’Etat. «Mais ils sont isolés, c’est difficile de les identifier. Il n’y a pas de programme parce que personne ne les connaît».

M. Mac-Iyalla a reconnu que l’émergence des groupes de défense des droits des homosexuels était relativement récente. Mais le problème n’est pas là, a-t-il dit.

«On ne nous connaissait pas parce qu’on ne voulait pas nous connaître, on ne veut pas entendre parler de nous», a-t-il estimé, fustigeant «l’hypocrisie» des autorités et de la société nigérianes.

Aujourd’hui, face à l’urgence de la situation, «on les [responsables du Naca] force à nous inclure dans le tableau alors qu’ils n’avaient pas prêté attention à nous avant», a dit M. Mac-Iyalla, précisant qu’il était séronégatif mais se battait pour les nombreux membres de la communauté homosexuelle qui vivent avec le VIH.

Selon lui, cette communauté est aujourd’hui prête à agir.

Lorsque le réseau Changing Attitude Network Nigeria, fondé par des membres de l’Eglise anglicane en Grande-Bretagne il y a dix ans, a été lancé le 1er septembre dernier à Abuja, la capitale fédérale, il comptait 35 membres.

Un mois plus tard, il recensait 63 adhérents, principalement de la région d’Abuja, «et beaucoup plus qui ont manifesté leur intérêt mais hésitent encore à sauter le pas», a affirmé M. Mac-Iyalla.

Six ans après sa création, l’ARN revendique près de 10 000 membres à travers tout le pays, dont beaucoup préfèrent encore rester dans l’ombre, près de 40 pour cent d’entre eux étant mariés.

«On ne nous considère toujours pas comme des êtres humains, mais le VIH pourrait aider à amener un changement» dans les mentalités, en obligeant la société à reconnaître l’existence de la communauté MSM pour limiter la propagation du virus, a estimé M. Mac-Iyalla.

«On a beaucoup travaillé pour [cette reconnaissance], maintenant il faut des résultats», a-t-il conclu.

[FIN]




 
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