Les jeunes doivent apprendre à gérer leur sexualité contre le sida

CÔTE D IVOIRE: Les jeunes doivent apprendre à gérer leur sexualité contre le sida


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Les autorités souhaitent rendre le port du préservatif systématique chez les moins de 25 ans

BINGERVILLE, 29 mars 2005 (PLUSNEWS) - Parce qu’ils ont leur premier rapport sexuel de plus en plus tôt, les jeunes de moins de 25 ans en Côte d’Ivoire doivent apprendre à contrôler leur sexualité et à utiliser systématiquement les moyens de prévention à leur disposition, en premier lieu les préservatifs, ont dit les autorités ivoiriennes.

Une nouvelle campagne multimedia sera lancée en juin prochain pour promouvoir les comportements que les jeunes doivent adopter pour se préserver d’une épidémie de VIH/SIDA qui fait des ravages en Côte d’Ivoire, où sept pour cent de la population était infectée en 2003 selon l’Onusida.

“Nous voulons augmenter la proportion de jeunes filles et de garçons de 10 à 24 ans qui sont conscients des risques d’infection par le VIH/SIDA et augmenter la proportion des jeunes de 10 à 15 ans qui déclarent vouloir retarder leur premier rapport sexuel”, a expliqué à PlusNews Adjéi Kouakou Koffi, directeur du projet Santé sexuelle et de la reproduction au sein du ministère ivoirien de la Jeunesse.

Les moins de 24 ans représentent 64 pour cent de la population, estimée à 17 millions d’habitants, selon les autorités.

Les messages de la future campagne d’information ont été élaborés par des jeunes et des spécialistes lors d’un atelier d’une dizaine de jours qui s’est tenu courant mars à Bingerville dans la grande banlieue d’Abidjan, la capitale ivoirienne. Un projet similaire se déroule au Mali et au Niger à l’initiative du Fonds des Nations Unies pour la population (Fnuap).

Selon une étude de l’Ecole nationale supérieure d’économie appliquée (ENSEA) d’Abidjan, les adolescents ont une sexualité de plus en plus précoce avec un âge moyen pour les premiers rapports sexuels de 16,1 ans pour les filles et de 15,8 ans pour les garçons.

Seulement 11 pour cent des jeunes utiliseraient des moyens de contraception, selon cette étude, qui révèle des taux de fécondité particulièrement élevés parmi cette population à risque.

Ainsi, dès l’âge de 15 ans une fille sur trois a déjà au moins un enfant ou est enceinte pour la première fois. Plus des trois quarts d’entre elles recourent à l’avortement, bien souvent clandestin qui se termine, selon les experts, “pour 60 pour cent d’entre eux par des complications très sérieuses”.

Or selon les autorités ivoiriennes, seulement 29 pour cent des filles et 42 pour cent des garçons utilisent systématiquement des préservatifs lors de rapports sexuels; 32 pour cent des jeunes filles disent vouloir utiliser des capotes avec leur partenaire.

L’objectif de la campagne qui sera lancée en juin en Côte d’Ivoire vise dès lors à faire accepter le port du préservatif à cette classe d’âge, comme un moyen de prévenir les grossesses mais aussi la propagation des infections sexuellement transmissibles (IST) et de la première d’entre elles, le VIH.

Les messages qui seront diffusés par voie de presse, d’affichage ou d’émission radiodiffusées visent à ce qu’au moins la moitié des garçons de moins de 25 ans et plus d’un tiers des filles utilisent des préservatifs à chaque rapport sexuel, selon les promoteurs de la campagne qui souhaitent s’attaquer aux préjugés véhiculés par les jeunes sur les préservatifs.

“Les préjugés sur le préservatif sont encore tenaces”, a dit à PlusNews Koudaogo Ouédraogo, le coordonnateur régional du projet pour le Fnuap basé à Dakar.

Au Mali, où se déroule une campagne similaire, un tiers des jeunes ne croit pas à l’existence du sida, a-til dit, ajoutant que d’une manière générale, les indicateurs sur la santé sexuelle sont moroses en Côte d’Ivoire, au Mali et au Niger, le troisième pays à bénéficier de ce programme.

“Au Niger, la précocité des rapports sexuels se double du problème du mariage forcé. Les conséquences sont dramatiques : les jeunes filles contractent des troubles de l’appareil reproducteur et sont exclues de la société”, a-t-il expliqué.

C’est en 2003 que ce projet régional appelé «Promotion de la santé sexuelle et de la reproduction et prévention des IST/VIH/SIDA parmi les adolescents et les jeunes” a pu démarrer, grâce à l’appui du Fnuap et de la coopération belge.

Mais il n’a pu être relancé en Côte d’Ivoire qu’en août 2003, un an après le déclenchement de la guerre civile qui a coupé le pays en deux, le nord aux rebelles, le sud contrôlé par le gouvernement.

“En optant pour une campagne multimédia, nous avons l’ambition de toucher le maximum de jeunes au delà des zones d’intervention du projet, sur l’ensemble du territoire national”, a dit Idrissa Koné, représentant du Fnuap en Côte d’Ivoire.

Le projet se déroulera dans dix villes ivoiriennes, sélectionnées selon leur position géographique, au carrefour de plusieurs voies de communication ou près d’une frontière.

“Nos messages seront diffusés par la télévision, la radio nationale et des radios de proximité. Nous ferons aussi des affiches, comme cela nous sommes sûrs de toucher le maximum de jeunes”, a estimé Koffi, le directeur national du projet.

Cette campagne est la troisième du genre à être menée en Côte d’Ivoire sur les thèmes de la santé sexuelle et des changements de comportements. La première, “Amour sans risque, c’est plus”, a eu lieu en 2001, suivie en 2002 du célèbre “T’es yêrê (t’es au courant en nouchi, le patois de la rue), t’es cool”.

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