L'Etat veut rémunérer les bénévoles dans le cadre de son programme de soins à domicile

MOZAMBIQUE: L'Etat veut rémunérer les bénévoles dans le cadre de son programme de soins à domicile


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Les aides à domicile sont formées pour reconnaître les effets secondaires des médicaments antirétroviraux

MAPUTO, 3 février 2005 (PLUSNEWS) - Le ministère de la Santé du Mozambique espère qu’une rémunération octroyée aux volontaires motiverait et impliquerait un plus grand nombre de personnes dans les programmes de soins à domicile destinés à ceux qui vivent avec le VIH/SIDA.

Le ministère de la Santé a récemment recommandé que les aides à domicile soient rémunérées à hauteur de 60 pour cent du salaire minimum national qui est de 55 dollars par mois. Actuellement, ces aides ne sont pas payées et elles reçoivent parfois comme petite prime de motivation un T-shirt, par exemple.

Tout le monde reconnaît le rôle important que jouent les aides à domicile dans le traitement des quelque 1,4 millions de mozambicains vivant avec le SIDA, en comblant un vide dans un pays où près de la moitié de la population n’a pas accès aux soins de santé adéquats.

«Il n’y a qu’une infirmière pour 5 000 personnes, ce qui représente l’un des plus bas taux de la région», a révélé à PlusNews Sandy McGunegill, conseillère technique au service des soins à domicile du ministère de la Santé.

«De nombreux centres de santé n’ont pas d’infirmières et la plupart des agents de santé qui y travaillent ont un niveau scolaire ou de formation très bas”, a-t-elle expliqué.

En proposant une rémunération aux aides à domicile, les autorités mozambicaines comptaient aussi attirer certains hommes qui hésitent encore à consacrer leur temps aux programmes de soins à domicile.

«Jusqu’à présent, et pour des raisons culturelles et économiques, la plupart des volontaires étaient des femmes. Mais avec les avantages financiers proposés actuellement, de plus en plus d’hommes se portent volontaires», a observé McGunegill.

Depuis le début du programme de soins à domicile, il y a trois ans, le ministère de la Santé a donné la priorité à la formation des aides. Les activistes doivent se rendre au domicile des personnes affectées par le SIDA, leur dispenser des cours d’hygiène, leur prodiguer des conseils et les inciter à suivre scrupuleusement leur traitement antirétroviral.

L’année dernière, quarante agents de santé ont reçu une formation axée principalement sur une meilleure utilisation des médicaments antirétroviraux (ARV). Ces agents seront désormais chargés de former les aides à domicile.

«Nous encourageons la décentralisation de la formation», a expliqué McGunegill. L’accent a été mis tout particulièrement sur la formation des aides à domicile afin qu’elles puissent reconnaître les effets secondaires les plus marquants des ARV, et sur l’importance du respect du programme de traitement.

Actuellement, 6 000 personnes reçoivent gratuitement des ARV dans le cadre du programme d’extension de l’accès au traitement initié par le gouvernement et dont l’objectif est de mettre sous ARV 29 000 adultes et enfants d’ici la fin de 2005. Mais cet objectif est bien en deçà des 200 000 personnes qui ont besoin de traitement ARV.

Ussamane Dauto, le coordonnateur du programme de soins à domicile, a confié à PlusNews que si dans l’ensemble les aides à domicile accomplissent correctement leur tâche, «ce ne sont pas les bénévoles qui posent problème, mais parfois ceux qu’ils sont chargés d’aider».

«Dans les zones rurales, en particulier, de nombreuses personnes souffrant de maladies opportunistes pensent qu’on leur a jeté un mauvais sort par vengeance et justifient ainsi la cause de leur maladie», a-t-il expliqué.

Embauchée comme aide à domicile dans le cadre du programme de traitement géré par l’organisation non-gouvernementale Medicos do Mundo Portugal, Louisa, 31 ans, reconnaît qu’il s’agit d’un problème qu’elle rencontre même à Matola, une ville à 10 km de Maputo.

«Il est difficile de convaincre ces gens qu’ils doivent prendre des ARV. Lorsqu’ils se sentent mieux, ils arrêtent leur traitement. D’autres prennent les médicaments deux fois par jour, selon leur envie, même si j’insiste sur le fait qu’ils doivent respecter les recommandations du médecin. Je reconnais, toutefois, que la plupart de mes patients m’écoutent et suivent mes conseils».

Louisa compte continuer à travailler comme aide à domicile, même si elle ne se sent pas concernée par les promesses de rémunération du ministère de la Santé car, contrairement à la plupart des organisations, Medicos do Mundo Portugal paie à ses aides un salaire mensuel de 100 dollars, bien plus que ne gagne une infirmière débutante.

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