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Dimanche 12 février 2006
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BOTSWANA: Les jeunes femmes se préfèrent en mères célibataires


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  Dawn Soisson

Les sanctions sociales ne s’appliquent plus contre les garçons qui font des enfants... sans avoir l'intention de s’en occuper

GABORONE, 3 janvier (PLUSNEWS) - L’année dernière, Tshepiso Modikwa, une jeune fille de 27 ans, a arrêté d’avoir des rapports protégés avec son petit ami, avec qui elle était sortie pendant huit mois.

«J’avais tellement envie d’avoir un bébé. J’ai eu un bébé et le virus. J’ai fichu ma vie en l’air.»

La réceptionniste, très élégante, a expliqué que bien qu’elle ait été testée négative au VIH avant d’arrêter d’utiliser des préservatifs, son petit ami avait, lui, refusé de se faire dépister.

Les résultats d’un test de routine effectué dans une maternité ont révélé qu’elle était séropositive. Son petit ami est retourné vivre avec sa femme. Modikwa, quant à elle, a quitté Gaborone, la capitale du Botswana, pour Francistown, la deuxième plus grande ville du pays, où vivait sa mère.

Le bébé est en bonne santé grâce à la Névirapine, un médicament qui réduit de moitié les risques de transmission du VIH de la mère à l’enfant -- on l’administre en une seule dose à la femme enceinte séropositive juste avant qu’elle commence à avoir des contractions, et sous forme de gouttes au nouveau-né dans les 72 heures qui suivent sa naissance.

Modikwa a trouvé un nouveau travail, mais elle reste très amère.

Dans le cadre d’un projet de sensibilisation au VIH/SIDA pour les jeunes de Gaborone, plusieurs jeunes éducatrices sont confrontées au même triplet perdant : elles sont enceintes, célibataires et séropositives.

«Elles savent toutes qu’il faut se protéger mais après quelques mois, elles font confiance à leur partenaire et arrêtent d’utiliser les préservatifs», a déclaré Irene Maina, la responsable du projet.

Une tendance qui s’affirme

Selon le Rapport de surveillance épidémiologique de 2003, réalisé par le gouvernement du Botswana, presque 50 pour cent des femmes enceintes âgées de 25 à 29 ans étaient séropositives ; 80 pour cent d’entre elles, tout âge confondu, étaient célibataires.

Une récente étude portant sur l’impact du VIH/SIDA au Botswana (Botswana AIDS Impact Survey - BAIS) a révélé que la prévalence du VIH parmi les filles âgées de 15 à 19 ans frôlait les 10 pour cent. Le niveau d’infection atteignait 26,2 pour cent parmi les filles de 20 à 24 ans et 41 pour cent parmi celles qui étaient âgées de 25 à 29 ans.

La multiplication par quatre du taux de prévalence du VIH chez les femmes de 20 à 29 ans est souvent due au fait qu’elles ont des rapports sexuels avec des hommes plus âgés, probablement séropositifs.

Peu d’informations sont par-contre disponibles concernant les femmes qui ont choisi d’avoir des enfants sans se marier ou sans avoir une relation stable.

Ainsi, en 2003, seulement sept pour cent des femmes enceintes qui se sont rendues dans des maternités vivaient avec leur partenaire, 12 pour cent d’entre elles étaient mariées et 81 pour cent étaient célibataires.

«Au cours des vingt dernières années, l’institution du mariage a perdu du terrain au Botswana», a déclaré Waheeda Loterring, du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

De nos jours, les gens sont de moins en moins nombreux à se marier ou se marient plus tard, a indiqué le rapport de 2003 du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap). Au Botswana, les trois quarts des personnes âgées entre 35 et 54 ans sont mariées, contre un tiers des personnes âgées de 20 à 35 ans.

Le fort taux de naissances prémaritales et de jeunes mères ont entraîné un «nombre croissant de familles monoparentales et de foyers dirigés par une femme», a indiqué un rapport rédigé par Childline en 2005.

Selon un recensement effectué en 2001, près de la moitié des foyers étaient dirigés par une femme.

Les experts ont indiqué que les jeunes gens reproduisaient désormais le shéma selon lequel la famille est composée d’une mère, de plusieurs enfants et d’un père absent. En général, les adultes ont plusieurs partenaires sexuels.

Au cours des vingt dernières années, le développement, l’urbanisation et les migrations ont compromis les mécanismes sociaux traditionnels qui autrefois contrôlaient la sexualité et organisaient les relations familiales.

Selon une étude menée en 1997 par le gouvernement du Botswana, le refus de fonder une famille est devenu de plus en plus courant aussi bien dans les zones rurales qu’urbaines.

Puisque de plus en plus de femmes cohabitent avec leur partenaire ou entretiennent des liaisons parallèles, un grand nombre d’enfants ne reçoit aucun soutien social ou financier de la part du père.

La fin d’un tabou

De nos jours, il existe très peu de sanctions sociales à l’égard des jeunes femmes qui décident d’avoir des enfants sans être mariées ou avec des hommes différents. Il en va de même pour les hommes qui ne s’occupent pas des enfants.

C’est un comportement que l’on déplore mais que la société tolère.

De nombreux facteurs amènent les jeunes femmes à tomber enceintes : méconnaissance des moyens de contraception, incapacité d’obtenir des contraceptifs dans les pharmacies ou dans les cliniques, incapacité de demander à leur partenaire de se protéger et timidité liée à leur jeune âge.

Selon la tradition africaine, les femmes comme les hommes doivent prouver qu’ils sont féconds. Les familles poussent les femmes à avoir des enfants lorsqu’elles ont une vingtaine d’années et les hommes quand ils ont une trentaine d’années.

«Une femme a plus de chance de trouver un mari après avoir prouvé qu’elle était féconde, même si la lobola [la dote traditionnelle] sera moins importante», a indiqué Irène Maina.

La maternité permet d’assouvir de profonds besoins émotionnels. «Nous devons reconnaître que certaines femmes décident de tomber enceinte, puis parlent d’accident», a indiqué Ludo Letebele, de Population Services International.

Etant donné que les femmes au Botswana sont de plus en plus éduquées et indépendantes, le fait qu’elles élèvent des enfants seules est accepté par la société.

«On entend [dire]: ‘Les hommes sont une source d’ennuis, il faut les laisser tomber. Cet enfant, c’est le mien», a ajouté Ludo Letebele.

Traditionnellement, les familles auraient sanctionné un tel comportement. De nos jours, les jeunes gens ne disposent ni des solutions classiques ni des filets de sécurité qu’offrent les sociétés du nord aux parents célibataires.

«Beaucoup de garçons grandissent sans avoir un modèle de père à leurs côtés. Ils sont entourés de leur mère et de leurs sœurs et n’ont guère de limites. Une fois à l’âge adulte, ils pensent qu’ils ont le droit de contrôler et d’utiliser les femmes», a indiqué le docteur Kwame Ampomah, coordinateur auprès d’Onusida au Botswana.

Selon Annie Mathew, conseillère auprès du programme catholique contre le sida au Botswana, des jeunes hommes désirent voir leurs enfants, mais les femmes les repoussent, avec ressentiment. «Nos valeurs et notre système culturel sont très tendus», a-t-elle ajouté.

Début novembre, un groupe de militants de défense des droits des séropositifs a eu une discussion animée à Bontleng, un quartier de Gaborone : il fallait établir si c’étaient les hommes qui abandonnaient leurs enfants ou si c’étaient les femmes qui rejetaient les hommes.

Ils ont convenu que dans les trois quarts des cas, les hommes fuyaient devant leurs responsabilités, et que dans un quart des cas, les femmes rejetaient les hommes.

Le taux élevé de naissances prémaritales a des conséquences sur la santé publique et le système de sécurité sociale, puisque les foyers dirigés par des femmes célibataires ont tendance à être plus pauvres et sont composés de beaucoup d’enfants, dont des orphelins.

[FIN]




 
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