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GHANA: Pénuries de médicaments contre le sida dans le service public


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  AIDS Info Docu Switzerland

Selon les autorités ghanéennes, le budget santé de l'Etat ne permet pas de consacrer plus d'argent à l'achat d' ARV

ACCRA, 26 octobre (PLUSNEWS) - Les stocks nationaux de traitement antirétroviral sont au plus bas au Ghana, où la demande en médicaments des personnes vivant avec le VIH/SIDA ne peut plus être satisfaite faute d’argent, ont dit des activistes.

Selon des responsables locaux de la coalition nationale pour l’accès universel aux traitements antirétroviraux gratuits (UCAART), les cinq hôpitaux qui distribuent les antirétroviraux (ARV) aux patients à travers le pays subissent actuellement des ruptures de stocks de certaines molécules, comme le Nelfinavir et le Lamivudine.

“Les personnes séropositives qui ont urgemment besoin d’un traitement ont été inscrites sur liste d’attente, tandis que ceux qui en utilisent sont approvisionnés pour une semaine au lieu de trois mois”, s’est insurgée Victoria Adongo, la responsable de l’UCAART au Ghana, au cours d’une conférence de presse la semaine dernière à Accra, la capitale.

Elle a expliqué que des molécules de remplacement disponibles, comme le Kaletra, nécessitaient d’être conservées au réfrigérateur, un luxe pour de nombreux Ghanéens, le plus souvent privés d’électricité, notamment dans les régions rurales du pays.

Les autorités estiment à 3 366 le nombre de patients qui reçoivent des ARV dans le cadre du programme national d’accès au traitement ; 70 000 personnes auraient besoin de ces traitements qui prolongent l’espérance de vie des patients.

Depuis 2004, le Ghana subventionne largement l’achat des traitements ARV grâce à un financement de 15 millions de dollars américains accordé en 2004 par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Six millions de dollars ont été déboursés jusqu’à présent, imposant à l’Etat d’utiliser ses propres financements pour pérenniser ces subventions.

Mais selon Mme Adongo, seulement un quart de cet argent a effectivement été utilisé par les pouvoirs publics, soit 1,2 milliards de cedis (132 231 dollars) sur une enveloppe totale promise par l’Etat de 4,8 milliards, soit 529 000 dollars américains.

“Nous sommes inquiets car le Ghana dépend trop largement de la générosité des bailleurs, et particulièrement du Fonds mondial, quant à la gestion de ses programmes VIH/SIDA”, a commenté Victoria Adongo.

Le responsable du programme national de contrôle de l’épidémie au sein du ministère de la Santé a reconnu la pénurie de certaines molécules dans les établissements agréés de prise en charge, expliquant que les rationnements des patients ne visaient qu’à assurer un meilleur partage des quantités restantes.

Une dépendance dangereuse

Le docteur Nii Akwei Addo s’est également interrogé sur la trop grande dépendance des autorités vis-à-vis des financements internationaux, mais a estimé que les ressources nécessaires pour combattre l’épidémie étaient hors de portée du Ghana.

Selon lui, l’Etat avait participé au programme national de traitement à hauteur de 1,5 million de dollars en 2004, alors que 6,4 millions de dollars sont nécessaires pour assurer un approvisionnement en ARV sur les deux prochaines années.

“Je ne suis pas optimiste”, a-t-il dit. “Dans la mesure où le budget en médicaments pour l’ensemble du secteur de la santé est de 8,4 millions de dollars, il n’est pas envisageable de dépenser 6,4 millions rien que pour le VIH/SIDA”, a expliqué le docteur Addo.

Il s’est également interrogé sur la capacité du pays à faire face à ces priorités lorsque les financements internationaux s’épuiseront – une situation que le Ghana est justement en train de vivre et qui révèle son incapacité à offrir des traitements bon marché sur de longues périodes.

Or, les traitements antirétroviraux, qui améliorent les conditions de vie des personnes vivant avec le VIH/SIDA, s’administrent à vie.

Pour Mme Adongo, de l’UCAART, il est désormais temps d’explorer de nouvelles pistes “pour compléter les financements et rendre les traitements accessibles à ceux qui en ont besoin”.

Elle a également exigé que le gouvernement augmente ses allocations budgétaires auprès du Programme national de contrôle du sida (NACP) et de la Commission nationale sur le sida (GAC), en charge de la coordination des interventions et des politiques de lutte contre la pandémie.

Selon le directeur général de la GAC, le docteur Sakyi Awuku Amoa, un arrivage d’ARV, d’une valeur de 2,8 millions de dollars, est attendue dans le pays d’ici deux mois.

“Qu’allons-nous faire d’ici là ?”, s’est interrogée Victoria Adongo.

Les autorités avaient assuré en avril dernier que le gouvernement ferait tout pour atteindre ses objectifs en matière de prise en charge thérapeutique, notamment en étendant l’accès des traitements aux patients des dix hôpitaux régionaux du pays d’ici la fin de l’année.

Le gouvernement a donné sa caution pour une production locale d’ARV, mais la compagnie pharmaceutique DanAdams, créée par les laboratoires chinois et ghanéen Danpong et Adam, n’a toujours pas obtenu l’autorisation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour commercialiser des ARV génériques.

Sans autorisation de l’OMS, exigée par les bailleurs de fonds internationaux pour l’achat de tout lot d’ARV, seul le gouvernement sera en mesure d’acheter ces médicaments génériques, des médicaments jugés conformes aux critères fixés pour la distribution par l’Office américain pour les drogues et l’alimentation.

Compte tenu des nombreux obstacles à l’extension du programme national de prise en charge, les autorités n’avancent aucun chiffre relatif au nombre de patients qu’elles pourraient prendre en charge d’ici 2006. Le taux de prévalence du VIH est l’un des plus bas du continent, avec 3,1 pour cent.

[FIN]




 
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