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Dimanche 25 décembre 2005
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NIGERIA: Un étudiant séropositif gagne une bataille contre la discrimination


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  Lekan Otufodunrin/IRIN

Fred Adegboye s'est appuyé sur l'important réseau d'activistes locaux pour contraindre l'administration à reculer

LAGOS, 5 septembre (PLUSNEWS) - Fred Adegboye est certainement le plus heureux des élèves qui entrent, ce lundi, à l’Institut nigérian de journalisme (NIJ) : il en avait été expulsé en juillet 2004, après avoir osé déclaré sa séropositivité.

Cette année, à 46 ans, Fred Adegboye reprend ses études de journalisme à zéro.

“Je suis comblé. Etre au NIJ en ce moment est la seule chose qui compte”, a dit M. Adegboye à PlusNews.

Après avoir été reçu au NIJ en juin 2004, son admission avait été annulée par Lizzy Ikem, la rectrice de l’institut. M. Adegboye lui avait annoncé sa séropositivité afin qu’elle l’autorise à s’absenter une fois par mois pour aller chercher son traitement antirétroviral (ARV) à l’hôpital.

Selon lui, Mme Ikem avait “semblé comprendre” sa situation, avant de lui envoyer une lettre, deux jours plus tard, lui signifiant son refus de l’accueillir, sans plus d’explications.

Le lendemain matin, le service de sécurité l’empêchait d’entrer sur le campus du NIJ, où il devait suivre deux années d’étude.

“Il était évident que c’était lié à mon statut VIH”, a dit M. Adegboye, qui a appris sa séropositivité en 2002. "La meilleure solution est de s’occuper de soi et de ne pas lâcher prise”, a-t-il ajouté.

Il a fallu près d’un an aux associations locales de défense des droits des personnes vivant avec le sida pour obtenir la réintégration de Fred Adegboye, en avril 2005. Très soutenu par la société civile et les media, l’étudiant a également bénéficié de l’appui de l’Association pour une vie positive (Positive Life Association of Nigeria, PLAN) dont il est l’un des membres.

“En ce qui concerne le combat contre la stigmatisation et la discrimination, les media nigérians ont bien joué : c’est eux qui se sont assurés que j’étais bien réadmis au sein de l’institut”, a expliqué M. Adegboye.

La stigmatisation rampante des personnes qui vivent avec le VIH/SIDA est une préoccupation constante des activistes de la lutte au Nigeria, le pays d’Afrique le plus peuplé avec 126 millions d'habitants.

Cinq pour cent d’entre eux étaient séropositifs selon une étude sentinelle en 2003, ce qui fait du Nigeria le troisième pays au monde le plus touché par l’épidémie en nombre de personnes infectées.

Un mois avant l’expulsion de Fred Adegboye, l’un des plus célèbres activistes nigérians des droits de l’homme, Femi Soyinka, s’était insurgé contre la discrimination dont souffrent les personnes qui vivent avec le VIH, prenant publiquement position contre leur marginalisation, une cause majeure de propagation de l’épidémie selon lui.

“Les efforts pour promouvoir les droits des hommes vivant avec le VIH/SIDA sont inefficaces au Nigeria. La criminalisation des personnes séropositives est toujours au coeur des débats”, avait dit le professeur Soyinka, qui présidera, en décembre prochain, la conférence internationale sur le sida en Afrique (ICASA) à Abuja.

Fred Adegboye à Lagos, lors de la conférence de presse qui informait les media de son expulsion du NIJ, en juin 2004
Jusqu’à présent, aucune explication officielle n’est venue justifier la décision du NIJ de refuser l’élève Adegboye. Mais des membres du corps enseignant ont expliqué que des élèves auraient pu se sentir mal à l’aise s’ils avaient dû cotoyer l’étudiant séropositif.

Faux, s’est-il exclamé. "Jusqu’à présent, j’ai passé de très agréables moment à l’école. Les gens sont très chaleureux, très ouverts, à part quelques attaques en douce, que je préfère ignorer”, a-t-il dit.

“Des fois je m’attends à ce que certains s’éloignent quand ils entendent que je suis séropositif ; mais ils m’enlacent et me serrent la main”, s’est réjoui Fred Adegboye.

Se battre pour ses droits

Selon lui, les personnes séropositives qui sont stigmatisées ou discriminées doivent se préparer à se battre pour leurs droits, avant d’espérer un quelconque soutien.

“Les gens qui sont stigmatisés ne devraient pas reculer, se sentir traumatisés ou avoir envie de se cacher, de mourir ou de répandre encore plus le virus. Si une personne a envie de parler de ce qui lui arrive, si elle souhaite s’ouvrir aux autres, des gens se battront pour elle”, a-t-il conseillé.

"Si les gens ne se stigmatisent pas eux-mêmes, personne n’a le droit de le faire à leur place”, a affirmé Fred Adegboye. “En ce qui me concerne, je me suis ouvert aux autres et c’est pour cela qu’ils ont pu se rassembler autour de moi et se battre pour moi.”

“Si, tout de suite après la décision de l’institut de ne pas valider mon inscription, j’étais rentré à Ibadan, chez moi, si je m’étais tu… personne n’aurait jamais entendu parler de cette histoire”, a-t-il dit.

Après des mois de plaidoyer de la part des media et des activistes auprès de l’opinion publique nationale, c’est le Comité national de lutte contre le sida (National AIDS Committee, NACA) qui a décidé de prendre en charge les frais de scolarité de Fred Adegboye.

"Personne n’a le droit de dire qui vous êtes et ce que vous devez faire, c’est à vous de décider. Une fois que vous avez décidé de vous attaquer à votre statut VIH et à aller de l’avant, vous devez le faire”, a-t-il expliqué.

Selon Omololu Falobi, le directeur de programme de l’ONG Journalistes contre le sida (Journalists Against AIDS, JAAIDS), basée à Lagos, la populeuse capitale économique du Nigeria, le cas de Fred Adegboye est un bon exemple de résistance face au stigma et à la discrimination.

"Cela nous montre que la discrimination, quand elle apparaît, peut être combattue avec succès, à condition de se donner la main pour y parvenir”, a dit Omololu Falobi, l’un des journalistes nigérians qui combat l’épidémie.

Selon M. Adegboye, les media devraient faire beaucoup plus attention au langage qu’ils utilisent lorsqu’ils évoquent la situation des personnes qui vivent avec le VIH/SIDA.

"Au lieu de nous décrire comme des personnes infectées ou vivant avec le virus, ils continuent de nous taxer de ‘victimes’ et d’autres qualificatifs effrayants comme ‘tueurs’, ‘maladie angoissante’”, a-t-il expliqué.

Selon lui, les journalistes devraient bénéficier de séances régulières de formation et de mises à jour sur l’actualité de la pandémie. “Les rédacteurs continuent de vouloir utiliser des mots stéréotypés qui promeuvent le stigma et la discrimination.”

"Il y a une vie avec le VIH. Le VIH est ici et y restera”, a insisté Fred Adegboye. “Nous prions pour qu’un remède soit trouvé mais pour l’instant, il est là, avec nous. Les personnes séropositives devraient le prendre à bras le corps plutôt que de rentrer au village, en espérant de la sympathie ou d’autres palliatifs.”

[FIN]




 
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