NIGERIA: Un nouveau centre de transfusion sanguine pour lutter contre le sida
[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]
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Le président Olusegun Obasanjo a donné l'exemple en donnant son sang au nouveau centre de transfusion d'Abuja
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ABUJA, 13 mai (PLUSNEWS) - Le président Olusegun Obasanjo s’est rendu jeudi dans le nouveau centre de transfusion sanguine de la capitale du Nigeria pour donner son sang et le feu vert à une remise en ordre du système jusque-là chaotique de la banque de sang afin d’éviter une propagation du VIH/SIDA. Selon la dernière étude sentinelle, réalisée sur des femmes enceintes de moins de 50 ans, le taux de prévalence du VIH/SIDA est estimé à cinq pour cent, pour une population estimée à plus de 126 millions d’habitants. Sur un million d’échantillons d’analyses de sang effectuées dans ce pays ouest-africain, le plus peuplé du continent, dix pour cent sont contaminés par le VIH/SIDA, a dit Jeff Busch, le directeur de Safe blood for Africa (Du sang sain pour l’Afrique), une organisation caritative américaine qui a participé, avec le gouvernement, au financement du centre. Le nouveau centre de transfusion sanguine, l’un des sept prévus au Nigeria, délivrera des certificats garantissant la sécurité du sang livré aux hôpitaux. Auparavant, chaque hôpital gérait sa propre banque du sang, rendant difficile la standardisation des examens sanguins. «Par les temps qui courent, compte tenu des maladies encore inconnues et de la pandémie du sida, il est important d’avoir du sang sécurisé et propre pour sauver des vies», a dit Obasanjo. Au Nigeria, les gens sont souvent payés pour donner leur sang et le système de contrôle des échantillons n’est pas réglementé. Parfois, des échantillons de sang non analysés sont vendus aux hôpitaux avec la mention «testés à la syphilis, à l’hépatite et au VIH/SIDA», des maladies qui peuvent être contractées lors d’une transfusion sanguine, a dit Busch. Le président Obasanjo a profité de l’inauguration du centre pour lancer un avertissement contre cette pratique, exigeant que les Nigérians cessent «de dépendre des racoleurs, des vendeurs de sang ou d’autres sources encore plus douteuses». Selon Busch, six autres centres de transfusion sanguine, d’un coût de 20 millions de dollars, seront construits à travers le pays au cours des cinq prochaines années. «Lorsque le projet sera pleinement opérationnel, nous éviterons chaque année à des centaines de milliers de personnes de contracter des maladies infectieuses», a-t-il ajouté. Le ministre de la santé Eyitayo Lambo a reconnu que, par le passé, le gouvernement avait tenté de résoudre le problème mais en vain. «Mon ministère a essayé de prendre plusieurs mesures ad hoc pour améliorer les services de transfusion sanguine du pays, mais aucune d’entre elles n’a eu d’impact», a dit Lambo. «Le sang est devenu de plus en plus rare et de nombreuses personnes sont mortes alors que nous aurions pu l’éviter».
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