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Dimanche 25 décembre 2005
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TCHAD: Quand les malades du sida vont «se reposer» au village


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  UN DPI

Les villageois du sud tchadien ont très peu d’informations sur la pandémie de VIH/SIDA.

NDJAMENA, 25 avril (PLUSNEWS) - Quand Yanram est arrivée au village de Bédjondo, dans le sud du Tchad, les hommes étaient tous prêts à épouser cette jeune couturière de la capitale, venue se reposer loin du bruit de la ville.

C’est Djingar, l’un des chefs du village, qui, le premier, a obtenu de la belle Yanram qu’elle vienne partager son foyer avec ses deux co-épouses et ses sept enfants. Au bout d’un mois la jeune fille a accepté la proposition de mariage de Ngarmessi, déjà marié et père d’une petite fille.

Yanram tombe enceinte, mais trois mois après elle perd son enfant, puis meurt.

Jusqu’à ce qu’une lettre envoyée de Ndjamena dévoile l’origine du décès de Yanram, le sida, personne au village ne savait que la jeune fille était malade.

Appelé ‘sita’ ou ‘piment’, le sida a fait son entrée dans les campagnes tchadiennes dans les années 90. Mais faute de campagnes d’information et d’explication en arabe ou en sara, le dialecte local, les villageois ignorent tout de la pandémie dont ils se croient à l’abri.

Dans l’imagerie populaire sara, quelqu’un qui a le ‘sita’ est un ‘spécialiste’ des relations sexuelles. «Le sida est perçu comme une maladie du sexe, que seuls ceux qui ont beaucoup trop de relations sexuelles attrapent», a expliqué à PlusNews un employé d’une organisation non-gouvernementale (ONG) à Ndjamena.

Du coup, les citadins qui viennent ‘se reposer’ au village ne sont pas suspectés d’être infectés par le virus, a dit Patrice Natoi-Allah, un étudiant en sociologie spécialiste des échanges entre les villes et le monde rural, qui affirme que l’anonymat est impossible en ville «où tout se sait».

«L’accueil se fait généralement dans de bonnes conditions», dit Natoi-Allah. «On pense en général qu’ils sont tuberculeux et ce sont les parents eux-mêmes qui cherchent des guérisseurs aux malades», dit Natoi-Allah.

Selon Madjita, qui vend des médicaments dans les rues du village de Péni, au sud du Tchad, beaucoup de personnes séropositives préfèrent aller se cacher au village, faute d’argent pour acheter les médicaments antirétroviraux qui amélioreraient leurs conditions de vie.

«Au cours de cette phase, le malade fait feu de tout bois : il avale, s’enduit ou se lave avec des potions, en général tout ce qui est à sa portée», a dit Madjita.

Un traitement ARV coûte aujourd’hui 5 000 francs CFA par mois, soit environ dix dollars, une fortune dans un pays où le revenu moyen par habitant est de 21 dollars par mois.

Au Tchad, 200 000 personnes vivent avec le virus, mais seules 1 414 personnes bénéficient d’un traitement antirétroviral, selon Djabert Ahmet, du Programme national de lutte contre le sida, qui envisage une prise en charge complète de 3 000 patients à N’Djaména et dans d’autres villes du pays en 2006.

Au Tchad, les personnes infectées par le virus hésitent encore à se faire connaître. En dépit des campagnes de sensibilisation organisées par le Programme national de lutte contre le sida (PNLS), la stigmatisation liée au VIH/SIDA reste très forte au Tchad, malgré un taux de prévalence en constante augmentation.

En 2003, 4,8 pour cent de la population adulte était infectée selon l’Onusida.

Selon Rebye, une enseignante de Ndjamena qui préfère garder l’anonymat, les femmes rurales n’acceptent pas que leur partenaire utilise le préservatif pour les rapports sexuels. «Elles disent que le caoutchouc (le préservatif) risque de rester dans leur ventre», a-t-elle expliqué, de retour de son village.

Préoccupé par le manque d’information de leurs concitoyens sur la pandémie, un parlementaire tchadien a confié à PlusNews que les villageois «ne le croient pas» quand il parle du sida. «Nous, parlementaires, nous rentrons au village au terme de chaque session parlementaire : personne d’autre ne peut parler mieux que nous de la pandémie, mais on ne nous croit pas», a dit le député installé à Ndjamena.

Après le décès de Yanram, Djingar a réuni ses deux femmes et ses enfants pour leur annoncer la nouvelle. «Je vais mourir», leur a-t-il dit. «J’ai appris que Yanram est morte de ‘sita’».

[FIN]




 
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