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Dimanche 25 décembre 2005
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TCHAD: Porter la voix des sans-voix


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  IRIN

C’est en 1997 que Tatola a appris sa séropositivité. “A l’époque je vivais à cent à l’heure", dit-il.

NDJAMENA, 3 mars (PLUSNEWS) - Il a fallu un an à Denis Baba Tatola pour avouer à sa femme et à son entourage qu’il était séropositif. Très impliqué dans la lutte contre la pandémie dans son pays, il tente aujourd’hui de convaincre les personnes vivant avec le VIH au Tchad de prendre part au combat.

Tatola n’a pas toujours été animateur d'Al Nadjma de Ndjamena, le centre de dépistage de référence en matière de VIH/SIDA au Tchad, où il travaille aujourd’hui.

“Le proviseur du lycée dans lequel j’enseignais m’a demandé de lui restituer mes manuels de travail le jour où je lui ai dit que j’étais séropositif”, raconte cet ancien professeur de mathématiques.

“J’ai perdu mon travail que j’aimais tant. Le PNLS (programme national de lutte contre le sida) m’a alors proposé de venir travailler au centre Al Nadjma”, explique-t-il.

C’est en 1997 que Tatola a appris sa séropositivité. “A l’époque je vivais à cent à l’heure, j’avais de nombreuses aventures. J’ai appris qu’on pouvait se faire dépister à l’hôpital alors j’y suis allé”, se souvient Tatola, aujourd’hui âgé de 45 ans.

“Lorsque le médecin m’a annoncé que mon test était positif, j’ai fondu en larmes parce qu’à ce moment-là, sida rimait avec mort”.

“J’ai mis un an avant de pouvoir le dire à ma femme”, avoue Tatola. “A force d’en parler, elle a fini par l’accepter. Je l’ai convaincue d’aller se faire dépister. Les trois premiers tests étaient négatifs”.

Tatola et sa femme, “par ignorance”, explique-t-il, en ont déduit qu’elle ne pouvait pas être infectée et ont continué à avoir des rapports sexuels non protégés.

En février 2004, le quatrième test s’est révélé positif. Aujourd’hui, le couple a un bébé de trois mois qui n’a pas encore été dépisté.

“Ma femme m’apporte un grand réconfort”, dit Tatola, “mais ma famille m’a abandonnée. Certains m’accusent même de ‘bouffer’ l’argent des organismes de lutte contre le sida”.

Des mots qui font mal

En dépit des campagnes de sensibilisation organisées par le PNLS, la stigmatisation liée au VIH/SIDA reste très forte au Tchad, malgré un taux de prévalence en constante augmentation. En 2003, 4,8 pour cent de la population adulte était infectée selon l’Onusida.

“L’année dernière, je suis allé faire de la sensibilisation à Abéché, la deuxième ville du Tchad”, à l’est du pays, explique Tatola. “Le maire qui recevait notre délégation a dit que si on voulait barrer la route au sida, il suffisait simplement de rassembler tous les ‘sidéens’ connus, de les asperger d’essence et d’y mettre le feu pour les exterminer”.

Au Tchad, les personnes infectées par le virus hésitent encore à se faire connaître et encore plus à s’engager dans la lutte contre la pandémie. Pour Tatola, qui est depuis un an coordinateur du réseau des associations de personnes vivant avec le VIH, c’est la stigmatisation ajoutée à l’insuffisance de la prise en charge médicale et psychosociale qui est en cause.

“Les séropositifs ne jouent pas encore un rôle important dans la lutte contre le sida au Tchad”, regrette Tatola.

“En janvier, j’ai participé à une conférence des personnes vivant avec le VHI/SIDA à Yaoundé (Cameroun). J’ai été applaudi quand j’ai pris la parole : ‘C’est la première fois qu’on voit un séropositif tchadien dans les conférences; vous êtes très en retard au Tchad’, m’a déclaré un conférencier camerounais”.

“On en est au stade zéro de la prise en charge”, estime Tatola. “On fait du bruit pour rien. Les médecins nous dédaignent et nous lancent des mots qui nous font très mal. Ils vont même jusqu’à dire que les antirétroviraux (ARV) nous rendent 'fous', simplement parce qu’on demande à recevoir notre traitement”.

Selon Tatola, sur les 18 associations de personnes vivant avec le VIH/SIDA que compte le pays, seules trois recoivent des ARV pour certains de leurs membres.

L’annonce d’une baisse du coût des traitements antirétroviraux par le président Idriss Déby en décembre dernier a été bien accueillie mais ce n’est pas suffisant, selon Tatola.

Selon le Programme national de lutte contre le sida, 1 414 personnes bénéficient d’un traitement antirétroviral au Tchad et ce nombre pourrait doubler d’ici 2006 compte tenu de l’engagement du ministère de la Santé publique de prendre en charge 3 000 patients à travers le pays.

Un traitement ARV coûte aujourd’hui 5 000 francs CFA par mois, soit environ dix dollars, une fortune dans un pays où le revenu moyen par habitant est de 21 dollars par mois.

“J’effectue des missions de sensibilisation pour le compte du PNLS mais ce n’est pas suffisant parce que je suis seul et donc je n’ai pas d’impact réel”, déplore Tatola. “Le gouvernement et les structures de lutte contre le VIH/SIDA financées par les organismes internationaux n’entendent pas nos cris”.


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