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Dimanche 1 janvier 2006
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CONGO: La course folle d’Elisabeth Dianzeka, militante de la lutte contre le sida


[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]



©  IRIN

Elizabeth Dianzeke n’a pas reçu des médecins de l’hôpital de Brazzaville les conseils dont elle avait besoin après l’annonce de sa séropositivité

BRAZZAVILLE, 4 octobre (PLUSNEWS) - Faute de conseils et de soutien appropriés, Elisabeth Dianzeka a vécu le pire avant d’être prise en charge par la Croix rouge française, qui soigne des milliers de personnes vivant avec le sida au Congo.

Mme Dianzeka est veuve quand elle apprend, en 2000, qu’elle est infectée par le VIH/SIDA. Même si elle en a déjà entendu parler, elle ignore tout de ce virus et ne comprend pas pourquoi, ni comment elle a pu être contaminée.

«Je ne suis pas allée acheter le sida au marché !», s’est exclamée cette inspectrice d’école maternelle à la retraite, devenue une fervente militante de la lutte contre le sida dans son pays.

Entre 1998 et 2001, date à laquelle elle a intégré le programme de prise en charge du Centre de traitement ambulatoire (CTA), établi à Brazzaville par la Croix rouge française et l’Organisation panafricaine de lutte contre le sida (OPALS) en 1994, Mme Dianzeka a suivi un véritable parcours du combattant.

«J'ai pris tous les médicaments, y compris ceux de la rue... J'étais comme une folle, une idiote... J'ai mené toutes les démarches pour retrouver la santé, mais en vain», a raconté cette mère de famille de 57 ans, à la chevelure élégamment tressée.

Le mari de Mme Dianzeka meurt à Bacongo, un quartier de Brazzaville, au cours du conflit qui oppose, dès 1997, les partisans du président sortant Pascal Lissouba et ceux de son adversaire Denis Sassou-Nguesso. Les affrontements se déroulent principalement dans la capitale, où des milliers de personnes sont tuées ou blessées.

Mme Dianzeka est alors en réunion dans un autre quartier de la ville. Ne pouvant en bouger pour des raisons de sécurité, elle n’apprend la mort de son mari que deux semaines plus tard, alors que la guerre civile ravage le pays – un accord de paix n’est signé qu’en mars 2003, qui mettra fin à ce conflit fratricide.

«Dès que j'ai appris la mort de mon mari, j'ai commencé à développer toutes les maladies possibles, surtout une toux interminable. Je fondais comme du beurre», s’est-elle souvenue.

Pensant qu’elle est atteinte de tuberculose, la maladie qui se développe le plus fréquemment sur les organismes affaiblis par le VIH/SIDA, elle se rend à l’hôpital de Brazzaville, au service des grandes endémies.

La tuberculose n’est pas détectée, mais la toux persiste et Mme Dianzeka ne cesse de perdre du poids. Sans explications, le médecin de l’hôpital demande un prélèvement sanguin.

Une course folle aux remèdes

«Il y a quelque chose dans votre foie, il faut qu'on vous prélève du sang», lui aurait-il dit.

De rendez-vous manqués en absences injustifiées, plus d’un mois passe avant qu’Elizabeth puisse, enfin, revoir le spécialiste…. Qui affirme avoir perdu l’échantillon.

«Comment pouvez-vous me faire marcher pendant si longtemps ?», s’agace alors Mme Diazeka. «Même si j’ai le sida, dites-le moi. Il faut m'en parler. C'est moi qui gère mon corps».

Le médecin finit alors par l’admettre, a-t-elle raconté «Effectivement, on allait vous le dire mais... Malheureusement vous avez le VIH/SIDA. Mais je connais quelqu'un qui peut vous guérir», lui a-t-il alors lancé.

Effondrée, sans qu’aucune aide psychologique ou des conseils ne viennent la rassurer et l’aider à surmonter cette épreuve, elle a raconté s’être ruée chez un médecin traditionnel.

«Le traitement qu'il m'a conseillé était d'absorber mes urines chaque matin, ce que j’ai fait pendant un mois», a expliqué Mme Diazeka, secouant ses boucles d’oreilles en or.

Elle ne pèse alors qu’une cinquantaine de kilos. «Malgré ce traitement, je continuais à dépérir. Je devenais de plus en plus légère.»

Un autre tradi-praticien, installé à Massina, un quartier populaire de l'ouest de la capitale, lui conseille de… boire de la tisane. «Là-bas, j'ai consommé plus de 50 litres de tisanes, Mais non seulement je n’ai pas guéri, mais j'ai développé une autre maladie : mon corps était couvert de gales».

Ce n’est qu’en 2001 qu’elle se rend au CTA de Brazzaville, sur les conseils d’une amie.

Les principaux centres de prise en charge se trouvent à Brazzaville et Pointe Noire
Articulé autour d'une structure hospitalière, ce centre de soins spécialisés assure, outre la prévention du VIH, une prise en charge globale des personnes vivant avec le virus : dépistage, soutien social et psychologique, suivi médical et traitements contre les infections opportunistes et le sida.

Un deuxième CTA a été mis en place en 1999 à Pointe Noire, la deuxième grande ville du pays, où la séroprévalence serait désormais de 10 pour cent de la population adulte – contre cinq pour cent à Brazzaville -- après l’afflux des personnes déplacées des régions du Niari et du Pool, fuyant les affrontements entre milices rivales en 1998 et 1999.

Le dépistage réalisé au CTA confirme la séropositivité de Mme Dianzeka, trois ans après l’apparition des premiers symptômes de l’infection.

Elle est immédiatement enregistrée sous le numéro 1934. Aujourd’hui, a-t-elle expliqué, le CTA prend en charge plus de 4 000 personnes à Brazzaville.

Un futur pour une militante

Selon les autorités, Mme Dianzeka est l'une des 2 056 personnes qui bénéficient d'un traitement antirétroviral (ARV) au Congo.

Le Congo a mis en place une Initiative nationale d’accès aux antirétroviraux (ICAARV), en juin 2003, qui a permis de considérablement baisser le prix des traitements, qui coûtent désormais entre 5 000 et 20 000 francs CFA (entre neuf et 36 dollars ) par mois, contre 300 000 à 400 000 francs CFA (soit 550 à 740 dollars) auparavant.

D’après une récente étude de la Banque mondiale, 70 pour cent des Congolais vivent en-dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins d’un dollar par jour.

«Même si on a développé les signes de la maladie, si on a été dépisté à temps avec le traitement les signes s'effacent, la maladie s'estompe. Mais le virus reste», a expliqué Mme Dianzeka, qui a dit déplorer le manque de formation des médecins, «pas armés» pour répondre aux interrogations de leurs patients séropositifs.

Elle a avoué que l’amour des siens et le respect de ses collègues l’avaient énormément aidée à surmonter cette épreuve, elle qui a affirmé n'avoir jamais été stigmatisée sur son lieu du travail.

Forte de son expérience, Mme Dianzeka a pris la présidence de l’association Femmes Plus, l’une des huit organisations non-gouvernementales qui regroupent, au Congo, les personnes infectées et affectées par l’épidémie.

Selon le Conseil national de lutte contre le sida, 110 000 personnes seraient infectées par le virus au Congo, dont 69 000 femmes. Le taux national de séroprévalence atteignait 4,2 pour cent de la population selon la dernière enquête en novembre 2003, un chiffre beaucoup plus bas que celui précédemment utilisé par le gouvernement congolais qui évoquait un taux d’infection de 10 pour cent d’une population estimée à 3,1 millions.

La fille aînée de Mme Dianzeka, installée en France, la soutient financièrement, tandis que ses trois autres enfants «se débrouillent». «Ils louent des chambres dans mon quartier pour avoir l'oeil sur moi !».

Elle a raconté avoir longuement pensé, alors qu’elle traversait cette période sombre de sa vie, à son époux défunt. «J'ignore s'il avait le sida avant de mourir, s’il s’était fait dépister en secret».

«Une femme mariée sur un plateau d'argent…», a-t-elle commenté, pensive. «Le VIH/SIDA peut s’attraper aussi dans son lit. C'est ça aussi être marié, c’est ça, aussi, s'engager pour le meilleur et pour le pire».

[FIN]




 
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